La passion de l'éducation

Aucun élève n'est irrécupérable selon Éric Sincennes : « À... (Benoit Sabourin, LeDroit)

Agrandir

Aucun élève n'est irrécupérable selon Éric Sincennes : « À chaque problème, il y a une solution », soutient-il avec conviction.

Benoit Sabourin, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Directeur de l'école secondaire Sainte-Famille/aux Trois-Chemins à Thurso depuis l'été 2013, Éric Sincennes doit gérer au quotidien une école fréquentée uniquement par des élèves aux prises avec des difficultés d'apprentissage et des problèmes de comportement. Alors que se déroulait récemment la Semaine québécoise des directions d'établissement, LeDroit et Radio-Canada décernent à M. Sincennes le titre de Personnalité de la semaine.

Du plus loin qu'il se souvienne, Éric Sincennes, « un curieux de nature qui avait toujours le goût de transmettre ses connaissances », a toujours eu la piqûre pour le milieu de l'éducation. Déjà très jeune, il savait qu'il travaillerait un jour dans une école. « Je me souviens très bien que quand je revenais à la maison le soir, je jouais à l'enseignant. Mes parents m'avaient acheté un beau tableau noir avec des craies et je jouais à l'école au sous-sol », raconte l'homme de 42 ans.

Après avoir obtenu un baccalauréat en enseignement secondaire en 1999, le Gatinois d'origine a d'abord été enseignant au sein des écoles secondaires Hormisdas-Gamelin (Buckingham) et Louis-Joseph-Papineau (Papineauville) pendant six ans avant d'être nommé au poste de directeur-adjoint de cette dernière. 

Il a ensuite oeuvré à l'école St-Jean-de-Brébeuf (Masson-Angers) pendant quelque temps avant d'occuper le rôle de coordonnateur des ressources éducatives pour l'adaptation scolaire et les services complémentaires à la Commission scolaire au Coeur-des-Vallées (CSCV).

Ce travail lui a permis de superviser les classes d'aide de la CSCV et de travailler en étroite collaboration avec des psychologues, orthophonistes et autres spécialistes du milieu. « Quand un professionnel t'explique c'est quoi l'aphasie, la dyslexie ou le trouble de l'attachement chez un élève, ça t'amène à être mieux outillé en matière d'adaptation scolaire », note M. Sincennes.

C'est donc un peu naturellement que le principal concerné a débarqué entre les murs de l'école Sainte-Famille/aux Trois-Chemins, en 2013. D'autant plus que lui-même n'est pas étranger à la question de l'adaptation scolaire. Étant malentendant, il porte des prothèses auditives. « J'ai fait mon cheminement dans des classes régulières à Nicolas-Gatineau et j'étais premier de classe, mais reste que j'ai eu besoin de certaines adaptations pour être en mesure de bien réussir », raconte-t-il.

À l'école de la rue Galipeau, à Thurso, on accueille des élèves en difficulté de tout le territoire de la CSCV. L'établissement abrite entre autres une classe dédiée à des jeunes diagnostiqués avec le trouble du spectre de l'autisme et des groupes destinés à des élèves aux prises avec des difficultés langagières. On y offre également les programmes de formation axés sur l'emploi et des classes de pré-diplôme d'études professionnelles.

Le directeur Sincennes ne s'en cache pas, manoeuvrer avec 205 plans d'intervention représente un véritable « travail de moine » pour tout le personnel de l'endroit. Il faut cependant toujours garder en tête qu'aucun élève n'est « irrécupérable », clame celui qui n'hésite pas, avec son équipe, à se déplacer directement au domicile des familles lorsque nécessaire. « À chaque problème, il y a une solution. On fait un petit bout de chemin à la fois et on amène l'élève à vouloir demeurer à l'école et à faire en sorte de trouver un objectif atteignable pour lui. Quand l'objectif est atteint, on refait une rencontre et on trouve un autre objectif », explique M. Sincennes.

Cette philosophie est loin d'être un voeu pieux. Sur la clientèle de l'établissement, 13 élèves étaient sur la ligne du décrochage au début de l'actuelle année scolaire. « De ces 13 dossiers, j'en ai 12 qui sont revenus à l'école et ils sont toujours là. Il m'en manque un et celui-là, je ne désespère pas. On essaie de le raccrocher parce que je pense que la meilleure place pour le jeune est à l'école où il peut apprendre le savoir-être et le savoir-faire en communauté », confie M. Sincennes.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer