L'«entremetteuse d'émotions»

Depuis 10 ans, Chantal Lamoureux ne «compte pas»... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Depuis 10 ans, Chantal Lamoureux ne «compte pas» les heures passées à écouter des disques, ni les spectacles, festivals et autres événements culturels auxquels elle assiste en une année, en quête des artistes qui feront vibrer le public de  la salle Jean-Despréz et de La Basoche.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Faire la promotion des arts, c'est aussi cultiver le public de demain. Chantal Lamoureux en est bien consciente. C'est de cet esprit qu'a émergé Scène 1425, une initiative visant à impliquer les jeunes dans la programmation de la salle Jean-Despréz. Une idée saluée à maintes reprises. Aujourd'hui, c'est au tour du Droit et de Radio-Canada de l'honorer en la nommant Personnalité de la semaine.

Les trois prix raflés cette année par la Scène 1425 (notamment à Rideau et à l'Union des municipalités du Québec) mettent en lumière l'initiative de Chantal Lamoureux et son équipe d'impliquer les jeunes de 14 à 25 ans dans la programmation de la salle Jean-Despréz. De plus, la SOCAN a décerné à la Ville de Gatineau, le 12 septembre dernier, son prix « Autorisé à vous divertir » pour souligner « le rôle majeur dans la promotion des auteurs-compositeurs » d'ici et d'ailleurs que jouent la salle Jean-Despréz et La Basoche. Des honneurs que la directrice artistique des deux salles de spectacles accepte avec fierté et humilité.

« Ce prix de la SOCAN, c'est le milieu qui nous l'a offert. Je le prends comme une reconnaissance de notre audace et de notre souci d'accueillir les artistes et spectateurs comme s'ils se retrouvaient chez eux chez nous », se réjouit-elle.

Depuis 10 ans, Chantal Lamoureux ne « compte pas » les heures passées à écouter des disques ni les spectacles, festivals et autres événements culturels auxquels elle assiste en une année, en quête des artistes qui la feront vibrer.

C'est aussi parfois en roulant qu'ils lui sautent aux oreilles. « Je n'aime pas nécessairement la musique baroque, mais c'est en entendant Forestare à la radio que j'ai décidé de programmer ce groupe de 12 guitaristes et deux contrebassistes qui revisitent ce répertoire, l'an dernier ! » lance celle qui les fera revenir cet hiver.

« Ce qui m'allume, c'est prendre des risques, découvrir et programmer des artistes avant tout le monde », renchérit-elle, mentionnant les premiers succès de Steve Dumas ou d'Alex Nevsky dans ses salles.

Pour bien remplir son mandat, Mme Lamoureux doit autant tenir compte de ce qui séduira les uns, que se tenir au fait de ce qui émerge pour attirer les autres, les plus jeunes, « le public de demain ».

Lorsqu'elle était petite, les spectacles présentés dans le gymnase de son école primaire la stimulaient bien plus que certaines matières, confie-t-elle d'ailleurs en riant. Elle garde de précieux souvenirs de pièces de théâtre vues dans le cadre de ses cours de français au secondaire, même si c'est le badminton qu'elle pratiquait avec rigueur à l'époque.

C'est en oeuvrant à la CCN (dans l'événementiel), puis au sein de Réseau Ontario, qu'elle a renoué avec le culturel. Avant d'accepter, il y a 10 ans, de relever le défi de positionner la salle Jean-Despréz et La Basoche parmi les incontournables du Québec. 

Depuis, elle décline son désir de « faire vivre des émotions, une expérience » aux artistes, au public et à son équipe par diverses idées (ses coups de coeur garantis ou argent remis, notamment). Cette notion demeure au coeur de sa vision du métier. « C'est par l'émotion qu'on marque les gens, qu'on bâtit et nourrit le lien de confiance. »

Mme Lamoureux se qualifie d'« entremetteuse d'émotions ». En concoctant ses programmations, elle veut transmettre sa passion pour la musique et le théâtre, surtout, mais aussi pour la danse contemporaine (elle cite Danse Lhasa danse, présenté en collaboration avec la Maison de la culture de Gatineau), voire pour le cirque, en complémentarité avec les autres diffuseurs de la région.

Tout en diffusant ses coups de coeur, elle partage parallèlement ses connaissances avec la bande de jeunes de la Scène 1425, qui ont ainsi la chance d'apprendre les coulisses de son métier de diffuseur.

Elle tient aussi à partager les honneurs reçus depuis le début de l'année avec sa complice Pascale Gougeon, sa collègue Ann Ayotte et son ancien patron Steve Fournier  (aujourd'hui à la barre de la Maison de la culture de Gatineau), qui l'ont toujours suivi dans ses « folies ».

C'est sans oublier le public outaouais, « qui est au rendez-vous, réceptif, généreux » face aux artistes et à ses audaces.

« Les prix, c'est sûr que ça fait plaisir, mais ma plus grande récompense, ça demeure l'étincelle dans le regard des gens à la fin d'une soirée qu'ils ont passée avec nous ! »

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