Dédié à la Maison Fraternité

Après plus de 25 années à la présidence du conseil d'administration de la... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Etienne Ranger, LeDroit

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Charles-Antoine Gagnon

Collaboration spéciale

Le Droit

Après plus de 25 années à la présidence du conseil d'administration de la Maison Fraternité à Ottawa, Jean-François Milotte cède son siège cette semaine. L'heure de la retraite n'a toutefois pas encore sonné pour l'homme de 81 ans puisqu'il entend rester membre du conseil d'administration de l'organisation afin qu'elle puisse continuer à profiter de son expérience et de ses contacts. Son dévouement dans le développement et le rayonnement au sein de la communauté francophone ontarienne de ce centre qui vient en aide aux personnes souffrant d'alcoolisme, de toxicomanie et de pharmacodépendances lui vaut le titre de Personnalité de la semaine LeDroit/Radio-Canada.

Sous la gouverne de M. Milotte, la Maison Fraternité aura notamment vu la construction d'un centre d'hébergement et de traitements pour adolescents toxicomanes et l'ouverture d'une résidence pour les femmes qui, avec son centre mixte pour adultes, complètent les services d'aide à la désintoxication. L'homme a su créer de nombreux partenariats avec diverses organisations et personnes de la communauté pour accroître les services du centre d'aide.

La Maison Fraternité est la seule organisation du genre en Ontario dont les ressources sont dédiées exclusivement aux francophones. Des services d'aide et de traitement de problèmes de santé mentale et de jeux compulsifs sont aussi offerts.

« Les choses ont beaucoup changé depuis mon arrivée dans l'organisation. Quand je suis arrivé, les problèmes étaient surtout de l'alcoolisme », explique M. Milotte en entrevue. 

« Aujourd'hui, on voit encore des gens avec des problèmes d'alcoolisme, mais je dirais qu'on voit surtout des personnes avec des problèmes de consommation de médicaments sur ordonnance et de drogues », continue M. Milotte.

L'éducation et la prévention occupent une place importante chez les employés de la Maison Fraternité.

« Beaucoup de nos thérapeutes vont dans les écoles pour sensibiliser les jeunes envers les risques de dépendances. Il y a aussi des groupes de jeunes qui font de la prévention. Ils essaient de dire à leurs confrères et consoeurs du même âge de ne pas consommer. Ça aide beaucoup. La prévention aide énormément. Mais ceux qui vendent la drogue poussent aussi beaucoup de leur côté pour vendre leurs produits. Si nos efforts de prévention ne sont pas aussi forts que ceux des revendeurs, ces derniers prendront le dessus », explique M. Milotte.

Il s'oppose à la création de sites d'injection supervisée, un point de vue personnel, précise-t-il.

« Les drogues sont illégales. Comment peut-on avoir un endroit public pour supporter quelque chose d'illégal. Ça ne tient pas debout. Si les drogues étaient légales, ce serait autre chose. Je ne suis pas convaincu de cette approche », réagit M. Milotte, qui reconnaît toutefois les efforts déployés par les organisations pour trouver des solutions à la problématique.

Les problèmes de dépendances et de consommation vont continuer, se résigne M. Milotte.

« J'aimerais un jour dire que nous n'avons plus de client et qu'on ferme nos portes, mais ce serait rêver en couleurs », indique l'homme, qui est comptable de profession et qui travaille bénévolement pour la Maison Fraternité.

Si des personnes font des rechutes et reviennent en thérapie, d'autres sont sobres depuis 25 ou 30 ans après avoir été traitées à la Maison Fraternité, précise M. Milotte.

« Ces personnes nous font de la belle publicité. Ils disent qu'ils seraient morts aujourd'hui si ce n'était pas de la Maison Fraternité. Il y a toujours des gens qui viennent faire des témoignages à nos assemblées annuelles. Je me mets à pleurer quand je les entends. C'est trop touchant », raconte-t-il.

Le successeur de M. Milotte sera choisi cette semaine lors de l'assemblée générale annuelle de la Maison Fraternité. 

La Maison Fraternité a ouvert ses portes en 1963.

Veuillez noter que la rubrique Personnalité de la semaine LeDroit/Radio-Canada fera relâche pour la saison estivale. Elle sera de retour le lundi 12 septembre prochain.

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