Un dernier tour de piste pour Julie Carrière

«Mes enfants ont pleuré quand je leur ai... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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«Mes enfants ont pleuré quand je leur ai annoncé mon départ. Ils ont plus de peine que moi!» s'exclame Julie Carrière en riant.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Julie Carrière a baissé le rideau sur ses 15 années passées à la direction de la Maison de la culture de Gatineau en dévoilant la prochaine programmation de l'institution du boulevard La Gappe. Avec cinq Félix en poche, elle ajoute à son palmarès le titre de Personnalité de la semaine LeDroit-Radio-Canada.

Sur le mur de son bureau, une petite toile trouvée à Paris portant l'inscription «Vive la vie!». Depuis son arrivée à la Maison de la culture de Gatineau il y a 15 ans, Julie Carrière s'est laissé guider par cette expression, colorant chacune de ses programmations artistiques d'un élan vital, rassemblant ainsi tous les publics. Le 1er septembre, la directrice générale tirera sa révérence, laissant derrière elle une maison où la vie, haute en couleur, s'éclate plus que jamais.

«C'est presque gênant», répond-elle, quasi embarrassée, lorsqu'on lui demande si elle a reçu de nombreux témoignages depuis l'annonce de sa retraite. Artistes, acolytes, producteurs et spectateurs, tous lui rappellent sa contribution majeure à l'essor de la Maison de la culture de Gatineau, aujourd'hui un incontournable dans le paysage culturel québécois. Une grosse vague d'amour qui lui vient aussi de ses proches...

«Mes enfants ont pleuré quand je leur ai annoncé mon départ. Ils ont plus de peine que moi! s'exclame-t-elle en riant. Ils ont grandi ici, c'est leur deuxième chez-soi!»

Sa famille et son époux, fidèle complice depuis 32 ans, elle tient d'ailleurs à les remercier de l'avoir toujours appuyée, son horaire «7 jours sur 7» - spectacles obligent - la forçant souvent à s'absenter du nid familial.

Des absences qui ont surtout marqué les trois premières années de son mandat. Au moment d'entrer en poste, la Maison de la culture de Gatineau était fermée pour rénovations dans le but d'ajouter 200 places à la salle Odyssée, ce qui lui a donné un an pour mettre en oeuvre sa vision, celle de bâtir une «vraie maison» pour les citoyens de Gatineau, à leur image, ouverte 365 jours par année. Une année de planification, à tout rêver, oui, mais aussi remplie de multiples soucis...

«En plus d'avoir des réunions de chantier tous les jours, j'ai dû déménager la saison régulière au Cégep de l'Outaouais, avec les défis logistiques que ça comporte. J'avais trois jeunes enfants, 6, 9 et 11 ans, et pour livrer ce bâtiment, je n'étais jamais chez moi. Disons que j'ai mangé mes émotions», se souvient-elle, pensive. Sans oublier qu'elle menait également les négociations pour le spectacle hommage à Eddy Marnay, mettant en vedette Céline Dion, les travaux ayant pris fin... deux jours avant la représentation.

Un bon coup, d'ailleurs, ce spectacle-événement avec la célèbre chanteuse, qui a permis à la Maison de la culture de Gatineau d'asseoir sa notoriété, grâce aux échos dans la presse au Québec, au Canada et à l'étranger. S'en est suivi un premier Félix de la salle de spectacles de l'année à l'ADISQ en 2004, et quatre autres en 2005, 2006, 2007 et 2010, des prix remportés grâce aux efforts qu'elle a déployés pour tisser des liens étroits avec les producteurs et divers intervenants du milieu.  

«J'ai eu la chance inouïe de gérer la croissance, fait-elle valoir. Le budget est passé de 900 000$ à 5 millions de dollars, avec 75% de revenus autonomes. On présente environ 200 spectacles par saison, le taux d'occupation variant entre 72% et 85%. On fait des surplus continuellement, lesquels ont servi à refaire le bar, les loges, le système technique, les éclairages et la billetterie. Et ça, j'en suis fière.»

Fière aussi de la place qu'occupent les arts visuels à l'Espace Odyssée et à la galerie Art-Image où quelque 6000 élèves par an viennent suivre des ateliers. Tout comme la collaboration avec l'Orchestre symphonique de Gatineau ainsi que Gatineau prend la scène, dont elle souhaite vivement la pérennité.

Julie Carrière s'est également investie dans plusieurs associations provinciales ou organismes, notamment l'ADISQ, Rideau, le CALQ et le réseau Inter-Centre, qu'elle a présidés, dans le but d'améliorer les rapports producteur-diffuseur.

«Je l'ai toujours dit, j'ai la plus belle job en ville», souligne avec passion celle qui s'est retrouvée à la Maison de la culture de Gatineau après avoir perdu un concours pour la direction du service des arts, de la culture et des lettres de Gatineau. Alors, pourquoi ce départ?

«Faut savoir quand partir, réplique-t-elle, sans hésitation. J'ai accompli tout ce que je voulais accomplir, ou presque. L'an dernier, j'ai eu un petit avertissement de santé. J'ai une autre vie qui m'attend. J'apporte en souvenir ces images de milliers spectateurs heureux, si heureux. Et j'y suis pour quelque chose! Vous vous rendez compte?»

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