Pierre Charette, l'appel du curling

Pierre Charette a aussi été champion du Québec... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Pierre Charette a aussi été champion du Québec en équipe mixte à trois reprises.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Trente-quatre ans après avoir lancé ses premières pierres au club de curling de Buckingham, Pierre Charette a eu le temps de marquer l'histoire de son sport. Il a remporté 12 titres provinciaux et il a participé sept fois au Brier. Il a occupé le poste de président de l'association mondiale des joueurs de curling en plus d'aider à la mise en place d'un circuit du Grand Chelem qui offre une vitrine exceptionnelle aux meilleurs joueurs/joueuses de la planète. Mercredi dernier, Pierre Charette a été intronisé au Temple de la renommée du curling canadien, méritant ainsi le titre de la personnalité de la semaine Radio-Canada/LeDroit.

Comme la majorité des adolescents au pays, Pierre Charette avait un faible pour le hockey dans sa jeunesse. Il excellait aussi sur un terrain de golf. Or, le malheur a frappé son patelin en 1974 quand l'aréna de Buckingham a été rasé par les flammes. Âgé de 19 ans, Pierre Charette a continué à jouer au hockey, notamment au niveau senior, mais plusieurs de ses amis se sont tournés vers un autre sport de glace en attendant la reconstruction de l'aréna: le curling.

Ce sport était loin d'occuper ses pensées lorsqu'il a reçu un appel pour se joindre à une équipe afin de participer à un tournoi à Québec entre Noël et le Jour de l'an. Il avait 26 ans. France, son épouse, était une joueuse de curling. Il venait de commencer à lancer des pierres pour le plaisir. Il a accepté l'invitation. Il avait mordu à l'hameçon.

«Ils étaient déjà cinq alors qu'une équipe est normalement constituée de quatre joueurs. Ils m'ont dit qu'à ce tournoi, il fallait être six parce que le party avait tendance à lever! Finalement, nous avons joué deux parties à trois joueurs! Mais j'ai aimé ça.»

Pierre Charette venait d'être accroché. À son retour, comme c'est l'hiver et qu'il travaille dans le domaine du golf, il décide de consacrer plus de temps au curling. En 1983, il assemble sa première équipe. «Nous avons appris sur le tas. Nous n'avons pas gagné tout de suite, mais à notre troisième année, nous commencions à battre l'équipe de Ted Butler à l'occasion.»

À partir de 1986, les différentes équipes de Pierre Charette se rapprochaient du but. Ils ont tour à tour perdu en finale et en demi-finale du championnat québécois. En 1988, il a trouvé la recette gagnante avec Richard Bisson, Don Westphal et André Lafleur. Ensemble, ils se sont imposé des sacrifices pour accéder à l'élite. Ils sont ainsi devenus l'une des premières équipes du Québec à faire la tournée des plus grands tournois canadiens.

«Dans l'Ouest, les grosses équipes se demandaient ce que nous faisions là. Il fallait jouer contre les meilleurs pour arriver à notre objectif.»

Les efforts ont fonctionné. En 1988, Charette et sa bande ont gagné leur premier championnat du Québec à Baie-Comeau et ils ont goûté à l'ivresse de leur premier Brier. «Le Brier, c'est un gros spectacle. Ça dure 10 jours. Les gradins sont pleins. La télévision est là. À mon époque, il n'y avait pas d'épreuves du Grand Chelem. Notre tribune, c'était le Brier.»

Pendant sa carrière de joueur, Pierre Charette aura participé à sept Brier. Il a gagné deux médailles d'argent dans l'équipe de Guy Hemmings en 1998 et 1999. «Pendant deux ans, nous avions été classés cinquièmes au monde.»

N'ayant pas pu soulever le fameux «Tankard», Charette se console d'avoir gagné une épreuve du Grand Chelem en 2003 avec les frères Martin et Michel Ferland de même qu'avec Marco Berthelot. «Dans la même journée, nous avions gagné contre trois champions du monde!»

Pierre Charette a aussi été champion du Québec en équipe mixte à trois reprises. Chez les seniors, il a ajouté deux titres provinciaux à sa collection.

Toujours près des joueurs, Pierre Charette a été président de l'association mondiale des joueurs de curling de 2007 à 2013. Pendant cette période, il a participé à la création du circuit du Grand Chelem qui présente désormais 75 matches à la télévision, autant chez les hommes que chez les femmes.

«Le Brier, c'est la carotte, mais dans certaines provinces, c'est dur d'y accéder. Le circuit du Grand Chelem nous permet de mettre nos meilleurs joueurs en vedette. Le curling a besoin de vedettes. Pour en créer, il faut les voir plus souvent.»

À 60 ans, il était le cinquième joueur de l'équipe de Jean-Michel Ménard au Brier d'Ottawa la semaine dernière. Nouveau membre du Temple de la renommée du curling canadien, il aurait été prêt à jouer si on avait eu besoin de lui.

Rien de tout ça n'aurait pu se produire... sans un incendie à l'aréna de Buckingham!

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