Pierre Bergeron, le passionné

«Ma plus grande fierté, c'est d'avoir fait une... (Patrick Woodbury, archives LeDroit)

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«Ma plus grande fierté, c'est d'avoir fait une carrière extrêmement intéressante dans le milieu de l'information régionale», lance Pierre Bergeron.

Patrick Woodbury, archives LeDroit

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L'Ordre du Canada a récemment été accroché sur le veston de celui qui fut longtemps une figure de proue du quotidien LeDroit. En quarante ans, Pierre Bergeron a occupé tous les postes: journaliste, pupitreur, président-éditeur, chroniqueur, éditorialiste. Aujourd'hui, il rejoint le club sélect de la Personnalité de la semaine Le Droit/Radio-Canada.

«Je suis un passionné.» C'est l'excuse que sert Pierre Bergeron lorsqu'il parle vivement de ses années au Droit. Même s'il a quitté ses fonctions de président-éditeur du journal en 2002, même s'il ne signe plus d'éditoriaux ni de chroniques depuis décembre 2014, même s'il a fallu déranger son voyage de vélo en Floride pour le rejoindre, sa flamme pour l'information régionale ne vacille pas.

Cette tendance à la combustion verbale, il la doit, dit-il, à ses origines saguenéennes. Chicoutimien, il a posé ses valises à Ottawa pour la première fois dans les années 60 pour étudier auprès des Oblats de l'université Saint-Paul avec l'ambition de devenir prêtre. Mais l'étudiant a rapidement renoncé à l'appel de Dieu. «Je n'étais pas très bon là-dedans!», se souvient-il en riant. C'est finalement la région d'Ottawa-Gatineau qu'il aura épousée.

En 1975, l'ex-éditorialiste du Droit Pierre Tremblay l'invite à joindre les rangs du journal, qui était à l'époque la propriété de la congrégation des Oblats. C'était le début d'une nouvelle vocation. Depuis les «chiens écrasés», dont la couverture était réservée aux débutants, il est passé à l'éditorial, puis au pupitre, où il révisait les textes avant qu'ils soient publiés. En 1991, il a fait un retour dans sa région natale pour prendre les rênes des journaux Le Quotidien et Le Progrès-Dimanche avant de revenir dans la capitale fédérale, en 1994, à titre de président-éditeur du Droit.

En quarante ans d'allers et de retours au sein du quotidien, il a été témoin des progrès et des combats qui ont marqué l'histoire du journal. Et surtout de la lutte pour la survie de l'Hôpital Montfort à laquelle LeDroit restera à jamais associée.

En février 1997, le gouvernement conservateur de Mike Harris annonce la fermeture de l'hôpital de langue française. La communauté franco-ontarienne est consternée. «Ça allait à l'encontre des choses les plus fondamentales de la francophonie canadienne, surtout de la francophonie ontarienne, s'enflamme Pierre Bergeron. Il fallait s'impliquer.» Au risque de faire perdre toute crédibilité au Droit, il fait circuler une pétition dans le journal et concentre toutes les ressources à sa disponibilité à la lutte pour la survie de l'hôpital. Cinq ans plus tard, Montfort était sauvé.

Aujourd'hui retraité, fondeur averti, cycliste dévoué et grand-père de 12 petits-enfants, il ne changerait rien à son passé. «Ma plus grande fierté, c'est d'avoir fait une carrière extrêmement intéressante dans le milieu de l'information régionale. Parce que tous ceux qui oeuvrent dans le domaine de l'information régionale oeuvrent dans le milieu de leur communauté.»

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