Le cadeau du patrimoine

«Ces bâtiments-là, ce sont des chefs-d'oeuvre, ce sont... (Patrick Woodbury, LeDroit)

Agrandir

«Ces bâtiments-là, ce sont des chefs-d'oeuvre, ce sont des bâtiments incontournables et il nous fait les protéger», souligne Marie Roy.

Patrick Woodbury, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Marie Roy n'avait aucune formation en théologie, ne connaissait rien à la pastorale, et pourtant, c'est à elle que l'on doit la préservation d'importants pans de l'histoire religieuse de l'Outaouais. Depuis 10 ans, la présidente de la Table du patrimoine religieux de l'Outaouais aide bénévolement les paroisses locales à restaurer et à protéger leurs lieux de culte. Dix ans de «pur bonheur» qui lui ont valu un hommage de la part de l'organisme qu'elle préside, mercredi dernier, ainsi que le titre de personnalité de la semaine LeDroit/Radio-Canada.

Rencontrée au terme d'une journée hors de l'ordinaire, Marie Roy rayonnait de gratitude en se remémorant les 10 années passées à accompagner les projets de restauration de lieux de cultes partout dans la région. «Le patrimoine, c'est vraiment un cadeau dans ma vie.» 

«Cadeau», c'est le mot. Jamais ne s'était-elle doutée qu'elle se tournerait vers la protection du patrimoine religieux. Née à Drummondville dans les années 1960, elle est devenue sociologue, s'est lancée en affaires et a informatisé une soixantaine de villes au Québec avant que le diocèse de Gatineau remarque ses talents d'administratrice et l'embauche comme économe au tournant des années 2000.

C'est par foi qu'elle a changé de vocation? Elle rigole. «Oui, je suis croyante, mais ça, c'était parce que j'avais vu une annonce dans le journal!»

La genèse de la Table du patrimoine religieux de l'Outaouais débute en 2004. Le Conseil du patrimoine religieux de Québec (CPRQ) avait comme ambition de dresser un inventaire de tous les lieux de culte qui avaient été construits au Québec avant 1945. Pour la réalisation du projet, le diocèse local était rattaché aux organisations de Laval, des Laurentides et de Lanaudière. Mais des frais de transport jugés trop élevés ont poussé l'économe à vouloir se détacher des autres régions et à rassembler 10 experts pour couvrir l'Outaouais seulement.

«En un été, on a fait 133 dossiers de 75 pages chacun. On commençait des réunions à deux heures et on n'en sortait pas avant sept ou huit heures», se souvient Marie Roy. Le projet terminé, l'équipe était devenue si solidaire qu'elle a demandé à devenir une unité à part entière.

Le CPRQ vit que cela était bon. Et la Table fut.

En 10 ans d'existence, 26 projets de rénovation de lieux de culte ont été menés partout dans la région. Parmi ces projets, les toitures des églises Saint-François-de-Salles et Saint-Grégoire-de-Naziance ont été refaites à grands frais, la maison du gardien des Jardins du souvenir a été sauvée d'une démolition, et quatre églises ont été vendues avant d'être reconverties - une «évolution naturelle des choses», qui ne désole pas la directrice de la Table. Et pour chacun de ces projets, la Table est allée bien au-delà de son mandat de simple courroie de transmission en soutenant activement les paroisses. 

Aujourd'hui, Marie Roy consacre son temps au Cégep et à l'université où elle enseigne l'administration et à ses études en philosophie. Et bien sûr, à la Table. «Ces bâtiments-là, ce sont des chefs-d'oeuvre, ce sont des bâtiments incontournables et il nous fait les protéger. Parce qu'ils racontent une histoire, une histoire d'architecture, une histoire religieuse, l'histoire d'un village. Ils racontent tout ça.»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer