Quand jeunesse fait école

L'hématologue Marc Carrier... (Etienne Ranger, LeDroit)

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L'hématologue Marc Carrier

Etienne Ranger, LeDroit

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Le prix Chrétien de la Fondation de l'Hôpital d'Ottawa remis au chercheur de l'année a un récipiendaire qui se démarque par sa jeunesse cette année. Le Dr Marc Carrier est le premier à dire qu'il s'agit d'un honneur qui arrive tôt dans sa carrière. Toutefois, c'est en raison de son apport à la pratique médicale qu'on lui a accordé cet honneur et c'est également pour cette raison que LeDroit et Radio-Canada l'ont choisi pour recevoir le titre de Personnalité de la semaine.

Marc Carrier n'est hématologue que depuis huit ans, officiellement. C'est pratiquement le nombre d'années qui ont été nécessaires pour compléter son étude sur la thromboembolie veineuse et son lien avec différentes formes de cancer.

«Quand on va à l'école de médecine, on dit tout le temps que la thromboembolie ou le caillot veineux, ça peut être le premier signe d'un cancer. Mais ce n'était pas clair exactement à quel point c'était fréquent et qu'est-ce qu'on pouvait faire», explique le chercheur.

Devant ce flou et observant l'inquiétude que suscitait chez les patients l'annonce d'une possibilité de cancer, M. Carrier a lancé et dirigé une étude randomisée qui a recueilli des données à travers le pays.

«On invitait les patients qui venaient en clinique avec des caillots veineux à plus ou moins recevoir un screening (dépistage) avec un examen physique, ou un screening plus intensif avec un scan de l'abdomen qui est un peu invasif parce qu'il faut mettre des tubes un peu partout.»

Au final, l'étude a permis de déboulonner plus d'un mythe. Le lien entre la thromboembolie et le cancer est beaucoup moins important qu'on le croyait, soutient le Dr Carrier. De plus, alors qu'on soupçonnait que ce sont principalement des cancers au niveau de l'abdomen (côlon, pancréas, estomac, etc.) qui causaient la thromboembolie, les cancers répertoriés étaient plutôt éparpillés dans le corps humain.

«Finalement, ce qu'on a trouvé, c'est que [...] faire un screening extensif, ça ne donne rien», explique l'hématologue.

«Ça rassure les patients, ça rassure les médecins aussi qu'on n'ait pas nécessairement besoin d'être trop inquiet de ça et ça sauve beaucoup de coûts au système de santé», ajoute M. Carrier.

Notoriété

Les résultats obtenus par Marc Carrier, qui a grandi à Gatineau et travaille à l'Hôpital d'Ottawa et à l'Hôpital Montfort depuis le début de sa carrière, ont d'ailleurs été très bien reçus par la communauté scientifique, comme en témoigne la place qu'ont reçue ses travaux dans le réputé New England Journal.

Cette publication est connue comme la référence dans le milieu médical. Les études qui y sont citées reçoivent une crédibilité instantanée et peuvent ainsi changer les pratiques.

Marc Carrier estime qu'il est un peu trop tôt pour affirmer qu'il a révolutionné sa profession, malgré toutes ses réussites. Il n'en était pas moins honoré de recevoir une reconnaissance de ses pairs de l'Hôpital d'Ottawa.

«Je me sens un peu jeune pour recevoir ce prix, les autres qui l'ont gagné dans le passé, c'est des grands chercheurs qui ont changé la pratique à toutes sortes de niveaux. Moi, c'est clair que c'est un grand honneur. C'était spécial parce que Michel Chrétien était présent et il a pu me remettre le prix. C'était bien d'échanger avec lui.»

Reste à voir quelle sera la suite pour le Dr Carrier. Lui qui affirme consulter régulièrement ses patients au sujet de ses recherches pour mieux cibler leurs inquiétudes et leurs besoins, il y a fort à parier qu'ils auront encore une fois un grand rôle à jouer dans ses recherches.

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