Grandir en Rouge et Noir

Marcel Desjardins est fier de l'équipe qu'il a... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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Marcel Desjardins est fier de l'équipe qu'il a bâtie.

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À seulement sa deuxième saison dans la LCF, le Rouge et Noir a terminé premier de sa division en 2015. Il a participé au match de la Coupe Grey, s'inclinant par seulement six points. LeDroit et Radio-Canada décernent le titre de Personnalité de la semaine à l'homme qui a construit cette surprenante équipe, le directeur général Marcel Desjardins.

Marcel Desjardins a grandi à Burlington, en banlieue de Hamilton, dans un fief des Tiger-Cats. Mais jamais durant sa jeunesse, ce Franco-Ontarien âgé de 49 ans n'a enfilé un chandail jaune et noir. Il préférait le rouge et noir.

Les couleurs des... Rough Riders d'Ottawa. C'était son équipe. Celle qui l'a fait vivre de beaux et moins beaux moments. Une histoire d'amour qui a commencé en 1976. Le receveur vedette Tony Gabriel avait capté une passe pour le touché victorieux en finale de la LCF.

Ce fut la dernière conquête de la coupe Grey pour une équipe d'Ottawa.

Un jeu qui a capté l'imaginaire de Desjardins, alors âgé de 10 ans. «Gabriel était originaire comme moi de Burlington», explique-t-il.

Le sort a voulu que presque 40 ans plus tard, il se trouve sur les lignes de côté à un match de la Coupe Grey impliquant une nouvelle formation de la capitale nationale. Sa formation. Celle qu'il a construite à titre de directeur général depuis janvier 2013.

Le Rouge et Noir était à moins de quatre minutes de mettre fin à une longue disette, le 29 novembre dernier, à Winnipeg. Il menait par deux points lorsque les Eskimos d'Edmonton ont marqué le touché gagnant.

«J'étais fier de faire partie du groupe qui a pu amener une équipe d'Ottawa au match de la Coupe Grey, d'avoir permis à cette équipe de connaître du succès», dit Desjardins.

Le Rouge et Noir a réussi plusieurs exploits ayant échappé aux défunts Riders. Ils ont gagné 12 parties. Du jamais vu en ville.

La Place TD a affiché complet pendant tous les matches en 2015, sauf deux. Même les plus vieux partisans disent n'avoir jamais vu une atmosphère aussi festive. «C'était spécial, surtout lors de la finale de l'Est. Il y avait une belle interaction entre les partisans et les joueurs. C'était beau à voir et ça va continuer à se développer.»

Fier de ses racines

Marcel Desjardins est fier de l'équipe qu'il a bâtie. Il s'avère tout aussi fier de ses racines, de son parcours qui l'a mené vers ce poste.

Un chemin parsemé de plusieurs obstacles, dont certains plus cruels que d'autres. Desjardins est devenu orphelin à l'aube de l'adolescence. Sa mère Thérèse est décédée d'un cancer. Une infection virale avait fauché la vie de son papa Philippe, une trentaine de mois auparavant.

Le couple était très impliqué dans la francophonie du Sud ontarien. Monsieur Desjardins a été un des artisans de la construction de la première école de langue française à Burlington. Sa conjointe était devenue la première directrice de l'endroit.

«Il y a encore une photo de mon père dans cette école», note fiston.

Sa tante Lina et son oncle Arthur ont pris en charge le petit Marcel, son frère Philippe et sa soeur Monique aux décès de leurs parents. Deux des trois enfants sont devenus enseignants.

«J'ai des cousines qui enseignent aussi», souligne Marcel Desjardins, qui a emprunté un chemin différent, celui du sport.

Il a été responsable des communications d'une équipe de hockey junior à Sudbury, puis stagiaire au Conseil des Jeux du Canada, au début des années 1990. Ensuite, ce fut un passage de cinq ans dans les bureaux de la LCF.

Les Alouettes de Montréal l'ont embauché en 1999. D'abord à titre de directeur des opérations au football. Plus tard, il a été promu directeur général adjoint. Il a gagné trois fois la coupe.

En sandwich durant ses deux passages chez les Alouettes se trouvent 15 mois peu fructueux à titre de dg des Tiger-Cats. Une expérience qui a laissé un goût amer. «J'essaie de l'oublier, ça», lance-t-il en riant.

Tout le contraire de son aventure chez le Rouge et Noir, un club qui l'a déjà marqué en peu de temps. Il n'y a pas une journée durant la saison 2015 que Marcel Desjardins n'a pas porté son coupe-vent aux couleurs des siens.

Un peu comme ce gamin de 10 ans, inséparable de son chandail des Rough Riders durant les années 1970.

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