Consacrer sa vie à la francophonie

Mariette Carrier-Fraser a été sous-ministre de l'Éducation pendant... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Mariette Carrier-Fraser a été sous-ministre de l'Éducation pendant 14 ans.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Mama Afou
Le Droit

Récipiendaire du Prix de la francophonie de l'Ontario, Mariette Carrier-Fraser est considérée comme une pionnière dans la lutte pour la reconnaissance des droits des francophones en Ontario. C'est notamment grâce à son action qu'ont été créés les 12 conseils scolaires franco-ontariens en 1998. C'est pour souligner son parcours et son dévouement que LeDroit et Radio-Canada lui octroient aujourd'hui le titre de Personnalité de la semaine.

Enseignante de formation, Mariette Carrier-Fraser a grimpé tous les échelons du système éducatif provincial pour se retrouver sous-ministre adjointe responsable de l'éducation en langue française de l'Ontario en 1983.

Celle qui dit avoir accepté le poste par «esprit d'aventure» a décidé de s'investir en politique pour changer les choses de l'intérieur. «Je trouvais qu'à l'intérieur du gouvernement, tu pouvais influencer plus que si tu étais à l'extérieur», explique-t-elle.

Sous-ministre pendant 14 ans, c'est sous son impulsion qu'ont été créés les 12 conseils scolaires franco-ontariens en 1998. Elle a aussi contribué à la mise sur pied des collèges francophones, dont le collège Boréal à Sudbury.

Pendant ses 14 années au sein du gouvernement, elle n'a cessé d'oeuvrer pour les droits des francophones. «Je ne suis pas là pour représenter les francophones, je suis là pour m'assurer que quand des décisions sont prises, on tienne en compte les francophones. Ça a toujours été ma marotte», avoue-t-elle.

À sa retraite en 1997, Mme Carrier-Fraser a siégé sur de nombreux conseils d'administration en tant que bénévole. En 2006, elle est devenue présidente de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO) nouvellement créée. Durant son mandat, elle a notamment oeuvré avec les réseaux de la santé afin que les services pour les francophones soient mieux assurés.

Bien qu'elle ait quitté l'AFO en 2010, elle a décidé de continuer son combat pour les droits des francophones, mais en santé cette fois. «J'ai vu que la santé était l'autre dossier auquel on devait travailler car il y a une population vieillissante qui a besoin de services. C'est devenu pour moi un deuxième champ de bataille», confie-t-elle.

Comme à chaque fois, le combat est politique. Elle travaille notamment auprès du ministre de la Santé de l'Ontario au sein du Conseil consultatif pour les services en français dont elle est présidente.

Soif d'équité

Que ce soit en éducation ou en santé, le besoin d'équité a toujours été à la source des combats de Mariette Carrier-Fraser. Cette Franco-Ontarienne originaire de Hearst a très vite ressenti l'injustice subie par la minorité francophone.

Dès son enfance, elle a dû étudier en anglais, bien que la population de Hearst était francophone à 98%.

Plus tard, elle a aussi dû se résoudre à parler en anglais pour pratiquer son métier d'enseignante. Toutefois, c'est à la naissance de ses filles qu'elle a réalisé l'injustice de cette situation. «Je me suis rendue compte que je perdais ma langue. Mes enfants sont nés, puis je me suis dit que je ne pouvais plus continuer de vivre comme ça. Graduellement, j'ai commencé à m'impliquer pour m'assurer que les francophones aient accès à des services dans leur langue surtout en éducation car ça a toujours été la clé», soutient-elle.

Depuis, Mariette Carrier-Fraser ne cesse de se battre pour les droits des francophones. Pour elle, c'est une question d'équité, mais aussi une façon de vivre. «Je cherche le principe d'équité dans mes combats, je veux m'assurer que comme francophone, j'ai accès aux services dont j'ai besoin, affirme-t-elle. Je ne veux pas prétendre avoir accès à tous les services, il faut quand même être réaliste quand on est 600 000 dans une province de 13 millions, mais qu'à l'intérieur de certaines institutions, on trouve des moyens d'offrir des services en français.»

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