Briser le mur de l'incompréhension

Pour aider les réfugiés, le Canada pourrait commencer...

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Pour aider les réfugiés, le Canada pourrait commencer par simplifier ses procédures administratives, affirme Bato Redzovic.

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On compte près de 12 millions de réfugiés dans le monde. Et, depuis 35 ans, les gens d'Accueil-Parrainage Outaouais viennent en aide à ceux qui s'installent ici. Pour souligner ce travail crucial, LeDroit et ICI Radio-Canada décernent aujourd'hui au directeur général de l'organisme, Bato Redzovic, le titre de Personnalité de la semaine.

La réalité des réfugiés, Bato Redzovic la connaît.

En 1994, c'était lui qui arrivait au Canada en laissant tout derrière lui. Deux ans plus tôt, il avait fui la Bosnie-Herzégovine, la haine et les bombes, en compagnie de sa femme et ses trois enfants.

Et les épreuves qu'a traversées celui qui est maintenant directeur général d'Accueil-Parrainage Outaouais sont tristement similaires à celles que vivent aujourd'hui des milliers de Syriens.

Né en 1960 à Sarajevo, Bato Redzovic y a passé les 32 premières années de sa vie. Mais l'éclatement de l'ex-Yougoslavie a mis un terme à la vie qu'il y menait. «Dans les guerres, les innocents sont les grandes victimes. Avec ma femme et mes enfants de 9 ans, 6 ans et 3 ans, quand les armes ont commencé à parler, il a fallu partir.»

La décision de se déraciner ne se prend pas à la légère, insiste-t-il. «Les gens qui quittent leur pays, c'est parce que leur vie ne peut plus y continuer. [...] J'ai fui parce que je ne voulais pas tirer sur un autre être humain parce qu'il était différent. Pour des soldats, ça faisait de moi un traître.»

Le 11 août 1994, après 18 mois de paperasse et de procédures, M. Redzovic et sa famille arrivent à Hull. «Mon Dieu, dans le temps, je ne savais même pas que la ville existait!», raconte-t-il aujourd'hui en riant.

Vingt-et-un ans plus tard, M. Redzovic semble encore un peu abasourdi de l'accueil qui lui avait été réservé par les gens d'Accueil-Parrainage Outaouais. «C'était extraordinaire. [...] On est arrivé le 11 août. Déjà, le 15, on était dans un appartement. Et le 16, on commençait les leçons de francisation.»

Choc culturel

Reconnaissant d'avoir reçu cette aide, M. Redzovic devient bénévole au sein de l'organisme dès qu'il maîtrise suffisamment la langue française. «C'était vraiment surprenant pour moi, l'immense travail que les organismes font avec les nouveaux arrivants», raconte-t-il.

Ce n'est pas la seule surprise qu'il a eue à son arrivée dans la région, admet-il. « Il y a un choc culturel C'est une période que tous les immigrants traversent, et ça peut durer longtemps. »

Du bout des lèvres, il admet avoir fait de petites erreurs. « Même pour pêcher, il faut savoir toutes les lois! Quelle heure, quels poissons, les grosseurs. [...] Il faut vraiment apprendre comment vivre ici.»

Quand le sujet du petit Alan Kurdi, ce bambin photographié noyé sur une plage de Turquie, est inévitablement abordé, son regard s'assombrit. «L'image du petit a provoqué une discussion partout dans le monde, c'est bien. Mais c'est triste qu'il y ait eu besoin de ça.»

«Le Canada peut faire plus pour les réfugiés syriens. Pas nécessairement en en accueillant plus, mais en simplifiant la paperasse. Il y a urgence», répète-t-il, reprenant soudainement son rôle de directeur général d'Accueil-Parrainage Outaouais.

«Il y a des gens qui érigent des murs, et pas juste aux frontières. [...] Je pense que cette façon de penser ne mène nulle part», résume-t-il. Depuis son arrivée, il travaille à faire tomber ces murs. «Après 21 ans, ici, c'est chez moi.»

***

Rencontrez la Personnalité de la semaine le lundi dans LeDroit, ainsi qu'à 8h40 à l'émission Les matins d'ici, animée par Philippe Marcoux sur ICI Radio-Canada Première 90,7 FM, et au Téléjournal Ottawa-Gatineau de 18h présenté par Mathieu Nadon sur ICI Radio-Canada Télé.

À chaque semaine, un jury formé de représentants des rédactions du quotidien LeDroit, ainsi que d'ICI Ottawa-Gatineau, nomme un lauréat afin de souligner une réalisation exceptionnelle ou une contribution significative à la vie ou au rayonnement de la région. Vous connaissez une personne qui mériterait d'être nommée? Écrivez-nous à nouvelles@ledroit.com.

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