Sans complexe ni frontière

L'humoriste originaire de SAint-Bernardin est devenue la première... (Patrick Woodbury)

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L'humoriste originaire de SAint-Bernardin est devenue la première femme à être sacrée découverte de l'année au Gala Les Olivier.

Patrick Woodbury

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Sacrée découverte de l'année lors du Gala Les Olivier,la Franco-Ontarienne Katherine Levac a vu son travail ardu des dernières années récompensé. C'est pour cette raison que LeDroit et ICI Radio-Canada lui décernent le titre de Personnalité de la semaine.

Katherine Levac est aussi devenue la première femme à décrocher ce titre, alors que - autre première - trois femmes étaient en lice dans cette catégorie.

« J'ai mentionné ce fait, en recevant le trophée, parce que je ne croyais que c'était vrai ! C'est peut-être parce que je n'ai pas vécu les années où les femmes étaient pas mal moins présentes, en humour... Mais bon, j'imagine que certaines personnes n'ont pas saisi l'ironie de ma remarque, quand j'ai dit que tout ça devait être de la chance, si nous étions trois en nomination... »

Car si elle était consciente qu'elle « devait être drôle » dans ses remerciements, Katherine Levac n'en tenait pas moins à « dire quelque chose ». Elle a donc aussi profité de l'occasion pour rendre hommage à ses parents, qui lui ont fait regarder Passe-Partout « dans un coin de pays où le monde écoutait plus Barney & Friends ».

L'humoriste et ses frères Frédéric et Jean-Philippe - aujourd'hui membres du groupe musical Pandaléon (récemment couronné de trois Trille Or) - ont ainsi grandi en écoutant la télévision et de la musique en français. En allant voir des spectacles à Ottawa, Gatineau ou Montréal, aussi. « Je me souviens d'être allé voir une pièce de théâtre au Rideau Vert, à neuf ans, avec ma mère... Je n'avais rien compris, mais ce n'était pas grave : j'étais rentrée à la maison émerveillée de l'expérience ! »

Culture sans frontière

« Sur le coup, on ne s'est pas nécessairement rendu compte de la chance qu'on avait, enchaîne la native de Saint-Bernardin. C'est en allant chez des amis, qui ne connaissaient pas Jean Leloup ou Daniel Bélanger, par exemple, que j'ai pris conscience de la place que nos parents donnaient à la culture francophone chez nous. »

Elle insiste : « Je parle de culture francophone, pas juste de culture franco-ontarienne. Parce qu'à 15-16 ans, tu ne trouves pas ton compte à écouter seulement TFO... Il faut nourrir le désir de continuer à vivre en français en ne se limitant pas à ce qui vient de chez nous. Pour mes parents, les frontières n'existaient pas. »

Si bien que le jour où Katherine Levac a décidé d'aller cogner à la porte de l'École nationale de l'humour, elle l'a fait sans complexe, ni sentiment d'infériorité.

« Des Français et des Marocains viennent étudier à l'École nationale de l'humour. Pourquoi pas des Franco-Ontariens ? Pourquoi, nous, on ne la franchirait pas, la frontière québécoise ? C'est dommage et étonnant qu'on ne soit pas plus nombreux... Pour ma part, j'avais envie de tenter ma chance dans le domaine et je me suis juste donné la possibilité de le faire. »

La joie de s'exprimer

Créer en français allait donc de soi. « Je parle en anglais, bien sûr, mais je ne m'exprime pas dans cette langue. »

La nuance est essentielle, pour celle qui joue avec les mots pour déclencher le rire. « Je peux communiquer, en anglais, mais pas toucher les gens, renchérit-elle. Mon travail tient justement à ça : les toucher pour qu'ils rient et réfléchissent aussi un peu à ce qui les fait rire. »

À l'instar de ses frères, Katherine Levac n'avait « pas prévu » faire carrière dans le domaine des arts. Et si elle a suivi la voie de l'humour, ce n'est certes « pas par manque d'amour ou d'attention », tient-elle à préciser.

« Dans mon cas, c'est plus une question de contrôle. Quand tu fais rire quelqu'un, c'est que tu viens de te le mettre dans la poche. Mais il ne faut jamais non plus oublier que ce pouvoir que tu as, quand tu prends le micro, ce sont les spectateurs qui te l'accordent... »

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