Accompagner pour la vie

Carole Patry accompagne des personnes en fin de... (Martin Roy, LeDroit)

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Carole Patry accompagne des personnes en fin de vie à l'hôpital Montfort depuis six ans.

Martin Roy, LeDroit

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À l'occasion de la Semaine nationale des soins palliatifs, il est difficile de trouver une meilleure personne pour traiter du sujet que Carole Patry. Infirmière de formation et bénévole depuis six ans à l'unité des soins palliatifs de l'Hôpital Montfort, Mme Patry se démarque par son engagement sans limite. C'est pourquoi LeDroit et Radio-Canada la désignent Personnalité de la semaine.

Carole Patry insiste. Son implication dans les soins palliatifs n'a pas de lien avec sa carrière d'infirmière, un hasard plus qu'autre chose.

Selon elle, pour faire ce qu'elle fait à l'hôpital Montfort, être infirmière n'est pas un prérequis. En fait, elle était spécialisée dans la santé en milieu de travail.

«Ce qu'on recherche chez les bénévoles, ce sont des gens avec une bonne capacité d'écoute, des gens qui ont un bon cheminement, authentique et qui font preuve de beaucoup de compassion», explique celle qui est responsable du recrutement des bénévoles, de l'évaluation de leur compatibilité avec la tâche à accomplir et de leur formation.

«On est là juste pour être avec eux autres. Souvent, s'ils sont inconscients, c'est juste de mettre notre main et leur chanter une petite chanson. [...] Il faut être confortable dans le silence pour être capable d'être bénévole.»

D'ailleurs, Mme Patry indique que les nouveaux bénévoles sont toujours la bienvenue s'ils détiennent ces qualités. Elle aimerait être également en mesure d'offrir une «valeur ajoutée» aux services de l'hôpital francophone la fin de semaine, entre autres.

Si une formation d'infirmière n'est pas requise pour travailler avec Carole Patry et son équipe, celle-ci reconnaît cependant que ses deux carrières sont plutôt semblables. Dans les deux cas, elle soutient qu'il faut avoir des qualités d'accompagnement.

Des questions délicates

Son bénévolat à l'hôpital Montfort a toutefois fait cheminer sa réflexion sur la question de la mort. Elle encourage les gens à en parler avec leurs proches et de se préparer aux différentes éventualités.

«Ce n'est pas parce qu'on en parle que ça arrive (plus vite). J'encourage les gens à en parler pour se préparer à mourir, parce que ça facilite le deuil de nos proches.»

Mme Patry constate que plusieurs personnes ne sont pas prêtes à mourir. Certaines craignent de souffrir, d'autres se questionnent sur ce qui les attend. À ce moment-là, son rôle, dit-elle, est d'accompagner les gens et «de ne pas tirer sur la fleur pour qu'elle pousse».

«S'ils ne veulent pas en parler, on n'en parle pas. Mais on est avec eux autres.»

Au contraire, d'autres voient venir la mort depuis un bon moment et trouvent qu'elle ne vient pas assez vite, soutient Carole Patry. Encore une fois, la clé est d'accompagner les gens et de les aider à mettre des mots sur les émotions qui les habitent, autant les mourants que leurs proches.

Quand Carole Patry parle de son rôle à l'hôpital Montfort, l'accompagnement est un terme qui revient souvent. C'est sa mission, sa flamme sacrée, affirme-t-elle sans détour. «J'aime beaucoup les gens, ça me nourrit beaucoup. Ça fait partie de ma mission de vie.»

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