S'attaquer sans relâche au VIH

Le Dr Rémi de Champlain se réjouit que... (Martin Roy, LeDroit)

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Le Dr Rémi de Champlain se réjouit que l'efficacité des soins prodigués aux gens atteints de VIH ait progressé à un rythme fou.

Martin Roy, LeDroit

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Depuis 20 ans, d'énormes progrès ont été réalisés pour le traitement des gens atteints du virus de l'immunodéficience humaine (VIH). C'est le jour et la nuit lorsqu'on compare aujourd'hui à un passé pas si lointain. Mais le combat n'est pas encore gagné, alors que le quart des personnes séropositives ignorent leur état de santé réel. Aujourd'hui, le médecin gatinois Rémi De Champlain, qui oeuvre auprès de cette clientèle, se voit décerner le titre de Personnalité de la semaine LeDroit/Radio-Canada.

Impliqué dans la cause, autant pour son gagne-pain que bénévolement, l'omnipraticien et médecin coordonnateur de la clinique d'immunodéficience de l'Outaouais organise depuis cinq ans l'activité de financement Nage-EAU-thon, dont les profits sont versés au Bureau régional d'action SIDA (BRAS) et à Pink Triangle Services (PTS).

Une façon pour lui et les autres nageurs du club Rideau Speedeaus d'Ottawa, dont la majorité sont gais, lesbiennes, bisexuels ou transgenres, de faire leur part dans la société.

L'événement, qui met au défi les participants de nager 1500m en équipe ou en solo, avait lieu samedi au centre aquatique Paul-Pelletier. Depuis 2011, il a permis de récolter plus de 60000$.

Le DrDe Champlain a rapidement su qu'il avait le profil de l'emploi durant sa jeunesse, l'humanité et l'empathie faisant partie de son ADN.

Et d'où vient l'intérêt pour le traitement du VIH et des ITSS pour celui qui oeuvre dans un Groupe de médecine familiale du secteur Hull? «Quand je suis sorti du placard dans la vingtaine, la communauté gaie m'a beaucoup aidé à m'accepter, me trouver de nouvelles racines. C'était à l'époque où on était en plein coeur de l'épidémie du sida. J'ai donc voulu redonner à la communauté. C'est un domaine médical qui bouge tellement, on ne s'ennuie pas», affirme-t-il.

L'espérance de vie atteint maintenant 70 ans pour les séropositifs. «Au début de ma pratique, c'était presque seulement des soins palliatifs, alors que maintenant on ressuscite presque des gens qui sont à un stade avancé, avec des diagnostics tardifs. On les traite et on les remet sur pied, à tel point qu'ils peuvent retourner au travail de 6 à 12 mois plus tard. Et les comprimés ont peu d'effets secondaires», dit l'homme de 43 ans.

Il ne fait aucun doute dans son esprit que le VIH est encore tabou au sein de la population, une peur qu'il juge irrationnelle. «Encore de nos jours, en 2015, j'ai vu des cas de patients qui se sont fait refuser des soins chez le dentiste ou qui ont perdu leur emploi. Les gens se fient à des ouï-dire ou à Internet», mentionne l'homme qui soigne de 200 à 300 personnes séropositives par an.

Chaque année, une centaine de nouveaux cas sont répertoriés dans la région de la capitale nationale.

Selon l'omnipraticien, si les gens n'avaient plus peur de se faire dépister et que les gens atteints sans le savoir (25%) étaient identifiés puis traités, le VIH disparaîtrait en quelques générations. C'est d'ailleurs son souhait.

EXPLOSION DES ITSS

Le portrait au chapitre des ITSS est nettement moins rose.

«Ça empire. Au début des années 2000, si on dénombrait deux cas de syphilis dans la province au complet par an, c'était exceptionnel. Là, on en compte de 700 à 800. Ça a vraiment explosé. Même constat pour chlamydia ou la gonorrhée. Il y a même des cas de lymphogranulome vénérien (LGV), qu'on n'avait pas vu depuis des décennies», lance-t-il.

Selon lui, les jeunes d'aujourd'hui ne sont pas plus sensibles aux ITSS, au contraire, même. «Il y a le fait que le message du condom n'est pas ancré dans leurs moeurs. De plus, avec les réseaux sociaux, c'est devenu très facile pour eux de rencontrer des partenaires sexuels.»

Ne comptant pas ses heures, Rémi de Champlain voit d'un oeil très critique le projet de loi 20 du ministre de la Santé, Gaétan Barrette. À lui seul, son nombre de patients pourrait passer de 900 à 1250, sans compter qu'il devrait pratiquer sixheures supplémentaires par semaine en milieu hospitalier.

«Il s'agit d'une grossière ingérence du ministre, ça va avoir un impact énorme», se désole-t-il.

Rencontrez la Personnalité de la semaine le lundi dans LeDroit, ainsi qu'à 8 h 40 à l'émission Bernier et Cie, animée par Carl Bernier sur ICI Radio-Canada Première 90,7 FM, et au Téléjournal Ottawa-Gatineau de 18 h présenté par Mathieu Nadon sur ICI Radio-Canada Télé. À chaque semaine, un jury formé de représentants des rédactions du quotidien LeDroit, ainsi que d'ICI Ottawa-Gatineau, nomme un lauréat afin de souligner une réalisation exceptionnelle ou une contribution significative à la vie ou au rayonnement de la région. Vous connaissez une personne qui mériterait d'être nommée ? Écrivez-nous à nouvelles@ledroit.com.

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