Double champion et coeur en or

Ses médailles, Alexis les a gagnées de façon... (Étienne Ranger, LeDroit)

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Ses médailles, Alexis les a gagnées de façon spectaculaire. Il a été 21 secondes plus rapide que son plus proche adversaire en slalom géant. Un écart qui a été de 11 secondes en slalom. C'est énorme.

Étienne Ranger, LeDroit

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Le skieur alpin Alexis Guimond est une vedette montante du sport paralympique au pays. Il vient de gagner deux fois l'or aux Jeux du Canada. L'ado de 15 ans souffre d'hémiparalysie à la suite d'un AVC subi à l'âge de six mois. Pour sa détermination quotidienne et son excellence sur les pistes, LeDroit et ICI Radio-Canada le désignent Personnalité de la semaine.

Ses parents l'appellent depuis longtemps leur «petit miracle». Depuis une semaine, Alexis Guimond a hérité d'un nouveau surnom.

Celui de double champion des Jeux du Canada. Une compétition multisport qui se déroulait à Prince George, en Colombie-Britannique.

Ses deux médailles d'or, le skieur para-alpin du secteur Hull les a gagnées de façon spectaculaire.

Guimond, 15 ans, s'est avéré 21 secondes plus rapide que son plus proche adversaire en slalom géant. Un écart qui a été de 11 secondes en slalom.

C'est énorme.

«Une domination à laquelle je ne m'attendais pas. Habituellement, c'est plus serré, avoue l'étudiant-athlète de quatrième secondaire au collège Nouvelles Frontières.»

Ça faisait quelques jours qu'il était revenu en Outaouais au moment de l'entrevue. Mais l'ado flottait toujours sur un nuage.

«C'est la première fois en carrière que je gagnais une course. Puis gagner deux fois en deux jours, c'est deux fois plus plaisant, mentionne-t-il. J'ai eu beaucoup de fun. J'étais surtout content de mes performances car ça fait longtemps que je travaille pour atteindre cet objectif.»

Ce n'est pas la première fois que son nom se retrouve dans ces pages-ci.

Alexis Guimond a été présenté une première fois à la scène sportive locale en 2011. Plus précisément avant les Jeux du Canada, qui avaient lieu à Halifax.

À l'époque, il n'avait que 11 ans. Ski Québec Alpin avait dû obtenir une dérogation afin de lui permettre de participer à l'événement national.

Son histoire avait gagné le coeur de la communauté.

L'espoir souffre d'hémiparalysie et doit se débrouiller malgré une perte de motricité d'un côté du corps. Dans son cas, ce sont sa main droite et son pied droit qui peuvent lui causer parfois des problèmes.

Tout à la suite d'un AVC survenu à l'âge de six mois. Les médecins avaient alors dit que le garçon d'Isabelle et Claude ne serait peut-être jamais capable de marcher. Un diagnostic qu'Alexis Guimond a fait mentir une première fois.

La vie allait lui servir toutefois une seconde jambette, il y a trois ans. L'athlète a été victime d'un autre accident vasculaire cérébral alors qu'il roulait en vélo de montagne dans le parc de la Gatineau.

Guimond s'est retrouvé dans un coma pendant trois jours. Son séjour au Centre hospitalier pour enfants de l'est de l'Ontario a duré trois semaines.

Une période durant laquelle il ne marchait pas et ne parlait plus.

Quatre mois de réhabilitation intensive, dont des visites chez l'ergothérapeute et physiothérapeute, l'ont remis sur le piton. Son retour en force a été marqué par une récolte de quatre médailles au printemps 2014 lors des championnats canadiens et une épreuve du circuit Nor-Am.

Ses parents ont souvent dit de lui, au fil des ans, qu'il est tenace. «Alexis ne lâche jamais le morceau», a déjà affirmé sa mère en entrevue.

«J'ai toujours dit qu'il n'y a rien de bon de s'apitoyer sur son sort, soutient le jeune Guimond à ce sujet. Mes parents m'ont toujours soutenu, moralement et aussi financièrement. Sans eux, je ne serais pas rendu où je suis. J'ai aussi acquis une plus grande maturité grâce à eux. Je me présente plus facilement devant des commanditaires. Ils m'ont ouvert plusieurs portes.»

Dans la discussion, il soulèvera plus tard les noms de son frère Marc-Antoine, qui l'inspire, et de ses entraîneurs Heidi Malo et Guillaume Barré. À eux s'ajoute son préparateur physique à l'UQO, Jean-François Delorme. Quatre autres personnes qui lui ont permis d'atteindre le sommet à Prince George.

mcomtois@ledroit.com

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