Une infatigable militante

Monique Beaudoin estime qu'il faut se battre pour... (Étienne Ranger, LeDroit)

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Monique Beaudoin estime qu'il faut se battre pour défendre ses droits, mais aussi pour les maintenir.

Étienne Ranger, LeDroit

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Si les mentalités ont évolué et que les droits des gens handicapés sont davantage respectés qu'autrefois, la bataille est encore bien loin d'être gagnée. Parlez-en à la dg du Regroupement des associations des personnes handicapées de l'Outaouais (RAPHO), Monique Beaudoin, qui parfois crie victoire, mais doit lever les boucliers à d'autres occasions. Son implication sans limite pour cette cause depuis maintenant trois décennies lui vaut aujourd'hui le titre de Personnalité de la semaine.

Elle-même non-voyante depuis la naissance en raison d'un glaucome congénital, la Gatinoise de 59 ans a récemment eu droit à une belle récompense pour son travail acharné alors qu'elle s'est retrouvée parmi la quarantaine de personnalités choisies par le Regroupement des aveugles et des amblyopes du Québec (RAAQ) pour son projet Déficience visuelle et Résilience - Brèves biographies des nôtres, réalisé en partenariat avec la Fondation Hector-Cypihot.

Grosso modo, il s'agit d'un recueil de mini-biographies de gens de tous âges qui, malgré les embûches et leur condition physique, ont fait preuve de persévérance autant dans leur vie personnelle que professionnelle. Selon l'organisme, elles peuvent servir, souhaitons-le, de modèles à suivre pour les générations futures.

Monique Beaudoin accepte l'honneur qu'on lui fait avec humilité: à son avis, on ne s'implique pas pour obtenir des prix et bon nombre de gens de la région réalisent des choses extraordinaires.

Elle un exemple de personne dont le handicap n'a jamais été synonyme de frein.

Native de Montréal, elle déménage dans la région en 1979 après des études collégiales en administration et marketing. Elle a ensuite complété un certificat en relations industrielles et ressources humaines à l'UQO (à l'époque UQAH), en plus d'un certificat en animation. Les emplois se sont ensuite succédé pour elle, de traductrice de documents en braille à enseignante de piano et de notation musicale braille, en passant par vérificatrice pour Revenu Canada ou encore formatrice chez Keroul, un organisme dont la mission est de rendre le tourisme et la culture plus accessible aux gens à capacité physique restreinte.

Au milieu des années 1980, elle cofonde l'Association des personnes handicapées visuelles de l'Outaouais (aujourd'hui le RAPHO) avec Alain Conway et Marihel Mermier. Depuis, elle a siégé sur maints conseils d'administration d'organismes, dont celui du RAAQ.

Alors que s'est amorcée hier la Semaine de la canne blanche, dont l'objectif est de sensibiliser le public aux défis des gens ayant une déficience visuelle, Mme Beaudoin bataille sur plusieurs fronts dans son travail avec le RAPHO.

«Ne pensons qu'à la phrase: 'Vas voir sur Internet'. Combien de fois par jour l'entend-on? Elle semble bien banale pour la majorité des gens, mais pour certaines personnes handicapées, encore faut-il qu'ils aient accès à l'information, à ces équipements. C'est dispendieux. Chercher un emploi ou un logis abordable n'est pas toujours facile non plus», mentionne-t-elle.

Récipiendaire de plusieurs prix autant pour son bénévolat que son travail, celle que plusieurs décrivent comme une infatigable militante rappelle que malgré tout le chemin parcouru depuis plus de 30 ans, notre société est encore loin d'être totalement inclusive.

«On a beaucoup évolué, oui, mais il reste beaucoup de travail à faire. Les gens qui vivent avec des handicaps veulent être inclus dans les décisions qui se prennent. Au bout du compte, tout le monde peut en bénéficier. Pensons simplement par exemple aux feux de circulation sonores (on en compte quelques-uns à Gatineau), ils peuvent être utiles également pour les familles avec de jeunes enfants ou encore quand le soleil est éblouissant», affirme Mme Beaudoin.

La Gatinoise indique qu'il faut non seulement se battre pour défendre ses droits, mais pour les maintenir. «Ce que je sais, c'est que ce n'est pas en s'apitoyant sur son sort qu'on va améliorer la situation», lance-t-elle, ajoutant au passage être inquiète des répercussions que pourrait avoir sur des organismes comme le RAPHO le projet de loi 10 du ministre Barrette.

Avis aux intéressés, en marge de la Semaine de la canne blanche, un souper dans le noir intitulé «Éveil des sens» aura lieu le 8 février aux Brasseurs du Temps, dans le secteur Hull. Infos: 819-771-5417.

dleblanc@ledroit.com

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