La francophonie à coeur

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L'Ordre du Canada c'est la «cerise sur le gâteau» pour Bernard Grandmaître.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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L'ancien ministre et député provincial d'Ottawa-Vanier, Bernard Grandmaître, a récemment été décoré de l'Ordre du Canada pour sa contribution exceptionnelle au rayonnement de la francophonie. LeDroit et Radio-Canada rendent à leur tour hommage à ce grand Franco-Ontarien et «Père de la Loi 8» en lui décernant le titre de Personnalité de la semaine.

Bernard Grandmaître - ou «Ben» comme l'appellent les gens de sa ville natale de Vanier - a été maire de cette municipalité de 1974 à 1984. Il a ensuite fait le saut en politique provinciale sous la bannière libérale en étant élu député d'Ottawa-Est (renommé Ottawa-Vanier en 1999). Pendant ses 15 années à Queen's Park, il a été ministre des Affaires municipales, puis du Revenu, tout en conservant pendant toutes ces années le poste de ministre délégué aux Affaires francophones.

Âgé de 81 ans, M. Grandmaître a reçu au cours des dernières années un doctorat honorifique de l'Université d'Ottawa et un autre de l'Université Laurentienne, à Sudbury. Mais jamais il aurait imaginé recevoir un jour un appel du gouverneur général du Canada lui annonçant qu'il allait recevoir l'honneur réservé aux plus grands Canadiens.

«J'ai reçu un appel chez moi et l'afficheur sur mon téléphone indiquait: gouvernement du Canada, raconte-t-il. En voyant ça, je me suis dit: 'j'ai pourtant payé mes impôts'. (Rires). Et je savais que ce n'était pas Mauril (Mauril Bélanger, député fédéral d'Ottawa-Vanier). Puis la dame au bout du fil m'a dit: 'M.Grandmaître, les membres du jury vous ont choisi pour l'Ordre du Canada'. Je suis resté bouche bée pendant de longues secondes. J'étais tellement surpris que je ne pouvais plus dire un mot. Je ne m'attendais jamais à ça. La Loi 8 (loi sur les services en français en Ontario) a été le plus bel accomplissement de ma carrière et la plus belle récompense que je pouvais demander comme politicien et comme francophone. Mais l'Ordre du Canada, c'est la cerise sur le gâteau», ajoute-t-il fièrement.

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Durant sa longue carrière en politique, Bernard Grandmaître a été de toutes les luttes pour l'épanouissement de la langue française en Ontario. Jouissant aujourd'hui d'une retraite bien méritée, il voit d'un bon oeil la relève franco-ontarienne et il se dit optimiste pour l'avenir de la communauté francophone de l'Ontario.

«Depuis l'adoption de la Loi 8, on a accompli plusieurs choses, dit-il. Le progrès qui s'est fait grâce à cette loi m'impressionne au plus haut point. Mais il y a encore beaucoup de choses à accomplir. Et je suis confiant que nous les accomplirons.

«La relève dans mon temps et la relève d'aujourd'hui sont différentes, poursuit-il. Dans mon temps, on comptait sur les étudiants, sur les mouvements étudiants. Mais aujourd'hui, ce sont des regroupements de gens qui luttent ensemble pour la francophonie. Jeunes et moins jeunes se sont unis pour parler d'une seule voix. Nous sommes tous sur la même longueur d'onde et c'est très encourageant de voir ça. J'en suis très fier.»

Il reste beaucoup de choses à accomplir, a-t-il dit. Et deux de ces «choses» qui viennent en tête de liste sont assurément l'obtention d'une université franco-ontarienne, et le bilinguisme officiel pour la Ville d'Ottawa.

«Il y a quelque chose qui me fait sourire quand je pense à cette lutte pour le bilinguisme officiel à Ottawa, dit-il. En 2001, quand j'étais président du Comité des services en français d'Ottawa et que Bob Chiarelli était maire, nous avions demandé à Queen's Park que la Ville d'Ottawa soit officiellement désignée bilingue. Mais le gouvernement conservateur de Mike Harris avait refusé. Aujourd'hui, le gouvernement libéral de l'Ontario se dit d'accord avec le bilinguisme officiel pour la Ville d'Ottawa et il n'attendrait qu'une demande officielle à cet effet, mais c'est maintenant la ville qui ne veut pas! C'est plutôt ironique toute cette histoire-là. Mais je suis confiant qu'un jour, bientôt même, nous aurons une ville bilingue.

- Et une université franco-ontarienne?

- Ça aussi. Quelle forme prendra cette université et où sera-t-elle située? Ça reste à voir. Mais je crois que ce n'est qu'une question de temps avant que nous l'obtenions. Comme j'ai toujours dit: plus on exige des services en français, plus nous en aurons. C'est ça la clé.»

dgratton@ledroit.com

La rubrique Personnalité de la semaine LeDroit/ICI Radio-Canada fera relâche pour quelques semaines. Elle vous reviendra après la période des Fêtes.

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