L'angoisse d'une naissance prématurée

Amélie Bisson, mère de Dalia, aimerait avoir un... (Patrick Woodbury, LeDroit)

Agrandir

Amélie Bisson, mère de Dalia, aimerait avoir un autre enfant.

Patrick Woodbury, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Pour des raisons évidentes, le 20 novembre 2012 restera gravé dans la mémoire d'Amélie Bisson. Ce jour-là, enceinte d'à peine 27 semaines, elle donnait naissance à sa fille Dalia, minuscule avec son poids de deux livres et trois onces. Et ce n'est que 11 jours plus tard, un délai qui paraît interminable quand on vit la joie de devenir parent, qu'elle a pu la serrer dans ses bras pour la première fois. Soucieuse de sensibiliser la population et d'apporter un meilleur soutien aux parents qui vivent cette délicate situation, la jeune maman d'Ottawa s'est relevé les manches et a mis sur pied avec l'aide d'autres parents l'Association des parents d'enfants prématurés, une première dans la région. Pour ces raisons, elle mérite le titre de Personnalité de la semaine LeDroit/ICI Radio-Canada.

C'est d'ailleurs aujourd'hui qu'aura lieu le lancement officiel de l'organisme sans but lucratif, une date loin d'avoir été choisie au hasard. Le 17 novembre est la Journée mondiale de la prématurité et pour une seconde année consécutive, les parents d'Ottawa-Gatineau pourront la souligner lors d'un événement prévu cet après-midi dans la capitale.

Même si à son grand bonheur sa fille n'en conserve aucune séquelle, la femme de 32 ans avoue qu'elle et son conjoint Shannon ont vécu une montagne russe d'émotions lorsque la cigogne est arrivée trois mois plus tôt que prévu. Dalia a dû être hospitalisée pendant 86 jours, en plus de subir deux transfusions sanguines et d'avoir besoin d'aide au niveau respiratoire.

Soucieuse de faire connaître davantage cette réalité somme toute beaucoup plus fréquente que l'on croit (un poupon sur 12 naît prématurément au pays), l'enseignante en éducation artistique à l'école élémentaire publique Maurice-Lapointe a téléphoné l'automne dernier la Fondation des bébés prématurés canadiens (FBPC), basée à Regina. Aidée de membres du personnel de l'Hôpital d'Ottawa, elle a par la suite souligné la Journée mondiale de la prématurité. L'initiative a été couronnée de succès, 200 personnes y ayant pris part.

«J'étais obligée de recommencer, ce sont de beaux moments à partager avec des parents qui se sentent souvent isolés. C'est bien de pouvoir parler avec des gens qui ont vécu quelque chose de semblable à nous. Quand tu accouches, tu t'imagines revenir avec ton bébé dans le confort de ta maison 48 heures plus tard, mais ce n'est pas toujours le cas», affirme-t-elle.

Puis, de fil en aiguille, elle s'est liée d'amitié le printemps dernier avec Nicole Lyons, une autre mère d'un enfant prématuré. Cette dernière avait déjà eu l'idée de distribuer aux nouveaux parents des sacs-cadeaux avec des vêtements pour les bébés prématurés. Un concept qui a charmé Mme Bisson. «Souvent, les parents n'ont même pas eu le temps de préparer leur trousse ou leur valise en vue de l'accouchement», précise-t-elle.

Cette collaboration a mené à la création d'un conseil d'administration et du même coup, de l'organisme, qui selon la jeune maman permettra sans l'ombre d'un doute de combler un vide.

«On doit pouvoir apporter l'aide nécessaire aux parents touchés, certains vivent ça difficilement. Voir son enfant entre la vie et la mort n'est pas quelque chose qu'on souhaite vivre. Et il y a aussi toutes les questions ou commentaires qui peuvent être sources de frustration. Il y a encore beaucoup à apprendre sur la prématurité», relate-t-elle.

Des exemples? Des parents qui se sont fait dire qu'ils ont été «chanceux» de pouvoir dormir étant donné le séjour à l'hôpital allongé de leur nouveau-né, un bébé vers qui les regards se tournent en raison de sa petitesse, une nouvelle maman qui se fait sermonner parce qu'elle n'est pas en mesure d'allaiter ou encore qui se fait féliciter parce qu'elle retrouvera vite sa silhouette,etc.

Affirmant que son parcours de vie des deux dernières années fait d'elle la femme qu'elle est aujourd'hui, Amélie Bisson a fait le voeu d'avoir un autre enfant.

«Je suis suivie par l'unité de grossesse à risque, je sais à quoi m'attendre et quelles étapes sont à suivre si le même scénario se reproduit. [...] Pour moi, devenir mère, ça a tout changé. Je devais l'être pour me sentir accomplie. Il y a des sacrifices à faire, oui, mais ils en valent la chandelle avec tout l'amour que ça apporte», confie-t-elle.

Selon la FBPC, 85% des naissances prématurées ont lieu entre la 34e et la 37e semaine de grossesse. Il s'agit de la première cause de mortalité infantile au Canada.

Le lancement de l'organisme et les activités de la Journée mondiale de la prématurité auront lieu aujourd'hui de 15h à 20h dans l'atrium du pavillon Roger-Guindon de l'Université d'Ottawa, situé entre le CHEO et le campus Général de l'Hôpital d'Ottawa (451, chemin Smyth). Des activités familiales (bricolage, création d'une muraille collective, séances photo,etc.) sont au programme, en plus des kiosques d'information et la présence de spécialistes de la santé prêts à répondre aux questions. Les profits d'un encan silencieux seront remis à la Fondation du CHEO, la Fondation de l'Hôpital d'Ottawa et l'Association des parents d'enfants prématurés. Le thème des superhéros sera à l'honneur.

Informations sur l'organisme: www.popottawa.org

dleblanc@ledroit.com

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer