Embellir pour prévenir le crime

Lucie Marleau aimerait mettre sur pied un registre... (ETIENNE RANGER, LeDroit)

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Lucie Marleau aimerait mettre sur pied un registre pour signaler les «adresses problématiques».

ETIENNE RANGER, LeDroit

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La bénévole Lucie Marleau travaille depuis près de 10 ans à prévenir le crime dans le quartier Vanier. Ces efforts continus ont été récompensés par Prévention crime Ottawa qui lui a décerné le prix du Mérite de la sécurité communautaire de 2014 à Ottawa dans la catégorie Bénévole. Elle s'est du même coup mérité le titre de Personnalité de la semaine LeDroit/ICI Radio-Canada.

Lucie Marleau n'a jamais vraiment eu l'intention de s'impliquer dans la prévention du crime. Certes, la Franco-Ontarienne originaire de Sturgeon Falls a toujours su aider son prochain, le bénévolat étant inculqué par ses parents dès son enfance. Mais le destin a quelque peu forcé la principale intéressée à s'attaquer aux «personnes malfaisantes», il y a une dizaine d'années.

L'agente de promotion et de sensibilisation chez Patrimoine canadien est déménagée à Vanier en 2004. Elle s'achète alors une maison unifamiliale. Une fois aménagée, elle trouvait qu'il y faisait bon vivre même si elle «ne connaissait pas un chat.» Les choses allaient toutefois se gâcher rapidement.

Dès l'année suivante, des voisins peu enviables ont décidé d'aménager un appartement, apportant un lot de comportements indésirables.

«Je peux me souvenir de la journée exacte où l'ambiance du quartier a changé. Des personnes malfaisantes sont déménagées à côté de chez nous. Ils en ont attiré d'autres. Six mois à un an plus tard, j'étais complètement entourée de gens problématiques.»

Commença alors du vandalisme à sa maison ainsi que des vols et des intrusions sur sa propriété.

«Je me sentais vulnérable, j'étais inquiète. Je ne connaissais personne», dit la dame qui vivait seule à l'époque.

Au lieu de se sentir comme une prisonnière, Mme Marleau décide de se retrousser les manches pour renverser la vapeur. Et elle convainc des concitoyens à faire de même.

Pur hasard, son drame personnel coïncide également avec la volonté du groupe Prévention crime Ottawa de nettoyer le quartier Vanier de ses résidents les plus indésirables. Un sondage mené dans la communauté révèle alors trois grandes préoccupations: l'embellissement du quartier, la lutte contre la drogue et la lutte contre la prostitution. Des groupes de travail locaux sont ainsi formés et la bénévole brille par sa participation. Elle s'inscrit dans tous les groupes, déterminée à regagner une qualité de vie adéquate.

«Ça m'a permis de rencontrer des gens, car je ne connaissais personne. Ce réseautage nous a aussi permis de faire part de nos inquiétudes et de les affronter.»

Un de ces comités, axé sur l'embellissement des lieux, a permis de transformer le visage du quartier. L'ajout de verdure, l'aménagement d'un parc et le fait de signaler des graffitis pour les effacer du décor sont tous des exemples concrets ayant permis de colorer les lieux devenus plus sinistres.

«Les gens ont tendance à minimiser l'impact de l'embellissement d'un quartier, mais cela permet de réduire le crime, car elle chasse les malfaiteurs au lieu de les attirer», rappelle-t-elle.

Le parc Émond s'avère l'exemple parfait. Il est quelque peu le point de départ des efforts de revitalisation des artisans du changement. Drogues, prostitution et aiguilles souillées ont été remplacées par structures de jeu, plantes et arbres.

«Ce lieu a donné naissance à la renaissance de Vanier, déclare-t-elle. Le taux de criminalité du quartier a baissé de 20%. Ce sont les résidents qui ont réussi à le revitaliser. Et on ne parle pas d'une armée, mais bien d'une quinzaine de personnes seulement. Voilà le secret de notre succès: les résidents se sont pris en main.»

Forte de ses succès antérieurs, Mme Marleau a fondé Prévention crime Vanier. Ce nouveau regroupement a repris plusieurs des initiatives des groupes de travail instauré lors des périodes plus chaotiques.

«La promenade les yeux sur Vanier» par exemple, une marche hebdomadaire dans le quartier du printemps à l'automne, permet aux résidents de signaler du vandalisme et des graffitis ou même la consommation de drogues. L'initiative «Éclairez votre véranda» invite les gens à illuminer leurs maisons avec des ampoules économes en énergie pour améliorer la sécurité dans les rues tandis que la surveillance de quartier vise également à éliminer toute menace potentielle.

De nouveaux projets mijotent aussi dans la tête de Mme Marleau, notamment la mise sur pied d'un registre pour signaler les «adresses problématiques».

«Vous savez, il n'y a que 5% à 10% de la communauté de Vanier qui est vraiment problématique. Quand on avance le contraire, c'est faux. C'est une belle communauté. Dix ans après mon arrivée, je me sens de nouveau en sécurité dans ma communauté, dans mon chez nous.»

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