Des succès à haute teneur en cacao

Nathalie Borne... (Étienne Ranger, LeDroit)

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Nathalie Borne

Étienne Ranger, LeDroit

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Le chocolat ne se laisse pas manipuler aussi facilement qu'il se laisse manger. Sa maîtrise exige doigté, passion et créativité. La maître chocolatière Nathalie Borne réuni tous ces ingrédients dans son atelier de la rue du Portage, à Gatineau. Si bien qu'elle a récemment remporté une distinction nationale pour l'une de ses créations. En l'honneur de cette réussite, LeDroit et Radio-Canada lui décernent aujourd'hui le titre de Personnalité de la semaine.

Nathalie Borne - ou Miss Chocolat, le nom de son entreprise - baigne dans le métier depuis plus de 20 ans, un peu par accident, aime-t-elle rappeler. La vocation a surgi après des études universitaires en psychologie. Un parcours «atypique», mais pas tout à fait fortuit, laisse-t-elle entendre.

«J'aime faire plaisir, rendre les gens heureux. Alors, d'une certaine façon, j'apporte un certain bien-être aux gens», explique-t-elle. «Après une année sabbatique, j'ai pris un cours à l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec, et ça a fait boule de neige.»

Dans son petit atelier, tout rappelle sa passion pour le métier. Dans sa boutique, le chocolat se déguste, se peint et se chante, grâce à une musicienne de la région, qui lui a dédié une mélodie, dont la partition est accrochée sur un mur.

De mystérieuses toiles que l'on observe d'abord en plissant les yeux ornent l'espace de travail. Oui, confirmera-t-elle, on peut même tremper des pinceaux dans le chocolat. Une mise en garde s'impose à ceux qui seraient tentés d'en faire l'expérience: ces oeuvres préfèrent l'ombre au soleil, bien entendu...

Mme Borne n'est pas une habituée des compétitions. Comme ses tableaux, elle préfère rester dans l'ombre et cultiver patiemment son art. «Je n'aime pas participer à des concours. Ça demande beaucoup d'énergie et de temps.»

L'insistance de ses proches a finalement eu raison de son hésitation.

Reconnue pour son audace et sa créativité, c'est plutôt avec la variation d'un classique que Miss Chocolat s'est démarquée aux yeux et papilles du jury des International Chocolate Awards 2014. Sa barre de chocolat noir orange-caramel représentera le Canada dans la catégorie des barres de chocolat avec garniture.

Après plus de 20 ans de métier, la maître chocolatière admet que ce prix est une sorte de consécration. «Ça fait du bien. C'est toujours bon de savoir que nos produits sont appréciés, dit-elle humblement. D'autant plus que ce sont des chocolatiers très expérimentés qui ont participé à la compétition. J'ai l'impression d'être dans la cour des grands.»

L'ultime séduction du jury se jouera à Londres, du 4 au 6 novembre prochain, lors de la finale mondiale.

La passion du métier

Nathalie Borne rayonne dans sa cuisine, sautillant derrière ses fourneaux et ses grandes tables de travail. La magie n'opère pas toujours du premier coup, admet-elle.

«Je suis tombé en amour avec la matière. C'est un travail très minutieux. Le chocolat est quand même capricieux. J'aime le défi que ça apporte», dit-elle.

Malgré le passage des années, Miss Chocolat n'a pas eu de «crise de foi(e)».

«J'en mange tous les jours. C'est très zen comme métier. Ça fait près de 25 ans que je le fais et j'adore encore ça. Je me sens à ma place et privilégiée.»

Sa fierté bien avouée est d'offrir des créations artisanales sans agent de conservation. Chez elle, le chocolat est éphémère, comme le papillon représenté sur le logo de l'entreprise créée en 2001, fait-elle remarquer.

Certaines créations ont exigé des semaines de travail avant que se révèle le goût et la texture désirés. Un maki praliné? Pourquoi pas! Conserver la texture croustillante de la feuille d'algue a cependant demandé des efforts forts en cacao.

«Je ne baisse pas les bras avant d'avoir trouvé une façon d'avoir le produit final. Des fois, ça prend beaucoup de temps», concède-t-elle. L'échec marque rarement la fin du projet. «Je peux lâcher prise, mais j'y reviens toujours.»

Les idées de créations lui sont parfois suggérées par des clients fidèles ou des proches. Grâce à sa créativité hors norme, Miss Chocolat s'est fait une réputation qui lui permet maintenant de traverser les frontières. «Comme on sait que je suis très audacieuse, on me propose des choses qui sortent de l'ordinaire. Ma clientèle me suit dans ma folie», se réjouit-elle.

Une folie contagieuse qui se transmet dans d'irrésistibles bouchées chocolatées.

gstpierre@ledroit.com

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