Une aventure familiale

Les propriétaires des Serres Legault, François et Diane... (Samuel Blais-Gauthier, LeDroit)

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Les propriétaires des Serres Legault, François et Diane Legault.

Samuel Blais-Gauthier, LeDroit

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L'entreprise familiale Les Serres Legault de l'Est ontarien est récipiendaire du prix Ferdinand-Larose 2014, décerné par l'ACFO de Prescott et Russell. Cette mention constitue une reconnaissance dans le domaine de l'écologie, de l'agroalimentaire, de la foresterie ou de l'embellissement du paysage. Les propriétaires, François et Diane Legault, soulignent cette année les 50 ans d'une des entreprises horticoles les plus florissantes de la région. Aujourd'hui, LeDroit et Radio-Canada soulignent la contribution et l'expertise des Legault en leur décernant le titre de personnalité de la semaine.

Les Legault ont le pouce vert. À partir de quelques pousses, ils ont réussi en un demi-siècle, et non sans labeur, à bâtir une jardinière qui offre le plus grand assortiment de plantes annuelles et de vivaces de la région. Mais ils ont commencé tout petit... très petit. C'est la détermination et l'audace d'un père de famille, soucieux d'offrir ce qu'il y a de mieux à sa femme et ses 5 enfants, qui sont à l'origine de cette histoire à succès.

Au cours des années 50, Odette et Louis Legault cultivent modestement le chou. Ils ont quelques dindes et une petite érablière. Mais les temps sont durs.

«Un soir, après la naissance de notre quatrième enfant, mon mari m'a dit: 'Nous n'arrivons pas à faire vivre notre famille comme ça. Je vais ouvrir une quincaillerie à Alexandria'. Mais j'étais réticente. Pour moi, c'était important d'élever ma famille sur la terre», raconte Odette Legault.

À la naissance du cinquième enfant du couple, Louis Legault a l'idée de démarrer un grand jardin et faire du porte-à-porte dans les villages autour pour y vendre les récoltes. Une décision très ambitieuse, surtout que le couple n'avait pas le capital pour lancer un tel projet.

Il sacrifie son érablière en y vendant le bois, il se départit de ses quelques dindes et revient à la maison avec une somme de 4000$. L'aventure pouvait commencer.

«Louis est arrivé un soir et a lancé les 4000$ par terre et a dit aux enfants: venez tous marcher sur les billets. Vous pourrez dire que plus jeunes, vous marchiez sur l'argent», se souvient, encore émue, Odette Legault.

C'est ainsi que les Legault commencent à exploiter les «premières» Serres Legault sur une terre du chemin Cassburn à L'Orignal. Toute la famille y met l'épaule à la roue et on y offre à cette époque des fleurs, des plants de potagers et des arbustes, notamment. Au même moment, Les Legault débarquent au marché By à Ottawa avec leurs paniers fleuris, leurs plants de fines herbes, leurs citrouilles et leurs courges. Cinquante ans plus tard, Les Serres Legault ont toujours pignon sur rue dans le marché By.

Dans les années 80, François et Diane Legault reprennent le flambeau. M. Legault prend alors une autre direction et décide de spécialiser l'entreprise dans l'horticulture et de délaisser l'aspect «agriculture».

«Lorsque j'ai pris la relève, j'ai arrêté de faire la grande culture en jardin. J'ai eu un choix à faire. Moi j'ai choisi les serres. On a ainsi plus de contrôle. On ne joue pas constamment contre le temps et les éléments», explique François Legault.

En 2004, les Legault prennent une autre décision d'envergure en ouvrant un grand centre jardin à Hawkesbury, la boutique principale des Serre Legault.

«C'était majeur comme décision. Nous nous embarquions dans une autre aventure. Mais nous voulions miser sur le futur et surtout sécuriser l'avenir des Serres Legault», explique le propriétaire.

Le centre jardin de l'entreprise s'étend aujourd'hui sur plus de 50000 pieds carrés et embauche plus de 30 employés en saison.

Les Serres Legault ont un avenir encore prospère alors qu'une troisième génération de cette famille franco-ontarienne s'implique activement dans l'entreprise. Les deux garçons du couple propriétaire, Pascal et Jonathan, aspirent d'ailleurs à prendre la relève.

«Sachant qu'il y a une relève, nous n'arrêtons pas. C'est une grande source de motivation. Nous continuons à investir et à nous investir comme le premier jour», confie François Legault.

Il s'agit de la troisième fois que le prix Ferdinand-Larose est remis. Ce prix a été créé en 2014 en l'honneur de Ferdinand Larose, un agronome qui a reboisé la Forêt Larose, dans les Comtés unis de Prescott et Russell, en orchestrant la plantation de quelque 18 millions d'arbres. Avec ses 26000 acres, la Forêt Larose est la deuxième plus grande forêt plantée de main d'homme en Amérique.

«De savoir que nous avons contribué à l'embellissement de la région et que nous avons rendu des gens heureux, vient rajouter à l'ampleur de ce prix qui nous est remis», dit François Legault.

sbgauthier@ledroit.com

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