Championnat mondial entre deux accidents

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Karol-Ann Canuel est hospitalisée avec une fracture du pelvis, à la suite d'un accident impliquant une trentaine de cyclistes samedi.

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Gatinoise d'adoption, la cycliste Karol-Ann Canuel a connu un bon départ aux Championnats mondiaux de cyclisme, devenant la première Québécoise à remporter une médaille d'or lors du contre-la-montre par équipe avec ses coéquipières de Specialized-lululemon. Elle a ensuite ajouté une sixième place au contre-la-montre individuel, ce qui lui vaut le titre de Personnalité de la semaine. Malheureusement, elle a fait une vilaine chute samedi lors de la course sur route où elle représentait le Canada, subissant une fracture du pelvis.

Infirmière de formation, Karol-Ann Canuel aura passé beaucoup trop de temps dans les hôpitaux à son goût cette année.

Sa saison 2014 a pris fin samedi quand elle a été impliquée dans un accident monstre à la course sur route des Championnats mondiaux de cyclisme tenus à Ponferrada, en Espagne. Elle est présentement hospitalisée avec une fracture non déplacée du pelvis, a rapporté son conjoint, Shawn Clarke, sur la page Facebook de la jeune femme de 26 ans originaire d'Amos.

Elle ne rentrera donc pas au pays demain comme prévu à l'origine. L'entrevue planifiée pour lui jaser de ce titre de Personnalité de la semaine qui lui est décerné n'a pu avoir lieu, non plus.

Sa saison se termine comme son été avait commencé, elle qui s'était cassé le cou - oui, oui, vous avez bien lu - lors d'une autre chute, cette fois lors de la Liberty Classic de Philadelphie le 1erjuin. Canuel s'était fracturé la vertèbre C6, en plus de se casser une côte du côté droit et de subir une commotion cérébrale. Elle a dû porter un collet cervical pendant deux semaines.

Elle avait donc dû déclarer forfait pour le Grand Prix cycliste de Gatineau, mais contre toutes attentes, elle était prête à enfourcher son vélo à nouveau à peine un mois après l'accident.

Et six semaines et demie plus tard, elle prenait part à une première course par étapes, signalant son retour en prenant notamment la deuxième place à l'étape finale de la classique Cascade de Bend, en Oregon. C'était son deuxième podium de la saison, elle qui avait remporté une étape à San Dimas, en Californie, en mars dernier.

«Il n'y avait pas de pression. Ce n'était pas un parcours très technique. Ça m'a remis en confiance de rouler en peloton, car j'avais des petites craintes en arrivant. Mais finalement, ça s'est bien passé», avait-elle confié au Droit à ce moment.

Les cyclistes de haut niveau doivent être capables de composer avec ces craintes quand ils recommencent à prendre place dans des pelotons qui roulent à très haute vitesse.

Canuel, qui avait aussi subi deux fractures à des côtes en avril 2013 lors du Tour des Flandres, en avait reparlé pas plus tard que lundi dernier dans nos pages, au lendemain de la victoire de son équipe de Specialized-lululemon au contre-la-montre par équipe. Lors d'un entraînement à la veille de la course, trois de ses coéquipières avaient été impliquées dans un accident, l'une d'entre elles, Evelyn Stevens, devant même faire un séjour à l'hôpital. Mais elle était de la course du lendemain, avec ses cinq coéquipières.

«Ça arrive ce genre de choses. C'était un parcours difficile. Tu avais une partie technique, une autre partie en montée. Tu retrouvais un peu de tout», a-t-elle raconté.

Arrivée en Outaouais en 2008, Karol-Ann Canuel a terminé ses études en soins infirmiers à l'Université du Québec en Outaouais, mais elle n'a pas l'intention de retourner dans son Abitibi natale pour autant. «Mon copain demeure dans le coin. Puis nous sommes choyés de pouvoir s'entraîner dans le parc de la Gatineau», a-t-elle mentionné la semaine dernière.

Elle demeure cependant fière de dire qu'elle est originaire d'Amos, où ses parents habitent toujours. Et elle espère être une source d'inspiration pour les jeunes cyclistes, autant de ce coin de pays que d'ailleurs au Québec.

«Je vois tous les messages de félicitations, mon téléphone n'arrête pas de sonner. C'est vraiment incroyable. Si je peux inspirer les jeunes à faire du sport, surtout ceux de la région de l'Abitibi, je trouve ça le fun. J'espère être un beau modèle pour eux», a-t-elle dit en entrevue avec la station Radio-Canada de son patelin la semaine dernière.

Comment part-on d'Amos pour devenir championne du monde, s'est-elle fait demander?

«Je ne sais pas s'il y a une recette. C'est certain qu'à Amos, on a un super de beau club de vélo. Ç'a été la base pour moi, j'ai fait mes années pee-wee, minime, cadet et junior là. Rendu au niveau junior, j'ai commencé à faire des courses ailleurs au Canada et aux États-Unis. Ensuite, j'ai signé un contrat avec une équipe en France (Vienne-Futuroscope) et depuis, je n'ai pas arrêté d'évoluer. C'est d'y aller étape par étape», a répondu celle qui s'est jointe à l'équipe Specialized-lululemon l'an dernier.

Elle devra maintenant se reposer et laisser le temps réparer l'os brisé de son bassin lors de cet accident samedi qui a impliqué une trentaine de cyclistes. Ensuite, cette ancienne championne canadienne junior (en 2006) pourra amorcer les préparatifs pour une saison 2015 importante alors que les Jeux olympiques de Rio pointent à l'horizon, un an plus tard.

mbrassard@ledroit.com

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