De gestionnaire à créateur de beauté

En 1996, ébloui par le concept du parc... (Martin Roy, LeDroit)

Agrandir

En 1996, ébloui par le concept du parc Oméga, Olivier Favre s'associe aux frères Spengler dans l'aventure.

Martin Roy, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Olivier Favre se décrit comme un «créateur de beauté» et un rêveur, plutôt que comme un gestionnaire. Unique propriétaire du parc Oméga depuis 2001, ce visionnaire de 70 ans, originaire de l'Alsace, en France, a vu le fruit de son travail être reconnu le 4 avril lorsqu'il a entre autres été décoré du titre de Personnalité touristique 2014 aux Grands prix du tourisme de l'Outaouais. Comme quoi les honneurs s'enchaînent, LeDroit et ICI Radio-Canada lui rendent aujourd'hui hommage en lui décernant le titre de Personnalité de la semaine.

Olivier Favre l'affirme d'emblée au bout du fil: «Le parc Oméga a été loin au-delà de mes rêves.» En 2013, l'emplacement a accueilli 180000 visiteurs, un record depuis son ouverture au public en 1991.

Pour reconstituer le parcours pour le moins particulier du principal intéressé, il faut remonter dans le temps. L'histoire d'amour entre cet Alsacien et le Québec a débuté lorsqu'il était un jeune adulte. Déjà, il souhaitait venir s'établir ici pour entreprendre des études à l'Université McGill.

«Vers 20 ans, je trouvais que les espaces, la liberté et les possibilités de création m'apparaissaient attractives au Québec. J'avais déjà la perspective de créer quelque chose, mais ça ne s'est pas passé tout de suite», lance-t-il.

Frappé par la maladie, le père de M. Favre est décédé à cette époque. Le fils a alors décidé de prendre les rênes de l'entreprise familiale de courtage d'assurances. Du même coup, il a fait des études universitaires en science politique, qui l'ont mené par la suite à une maîtrise en droit.

Au cours des décennies qui ont suivi, M. Favre a visité le Québec à plusieurs reprises dans le cadre de voyages d'affaires. Il s'est familiarisé avec la province, notamment avec l'Outaouais. Il connaissait déjà les Spengler, ces deux frères alsaciens - eux aussi - qui ont acheté en 1985 le site situé à Montebello pour en faire une réserve de chasse. Un projet qui allait bien devenir éventuellement le parc Oméga.

Un nouveau départ

En 1996, après avoir fait passer l'affaire familiale de petite boîte à la plus grande entreprise de courtage d'assurances de l'est de la France, Olivier Favre décide de changer de branche. Il vend la compagnie pour se consacrer à de nouveaux défis.

«Mon métier d'assurance m'avait toujours paru austère. Je trouvais que c'était très abstrait en fait. Mon intention était de changer de vie. Je ne voulais pas arrêter de travailler, mais simplement passer à autre chose», raconte-t-il.

M. Favre s'achète à ce moment une résidence aux abords de la rivière des Outaouais.

Issu d'une famille de chasseurs, il est ébloui par la magie du parc Oméga et par le concept qui permet d'apprécier différents animaux à bord de sa voiture. Il accepte sans trop de difficulté de s'associer financièrement au duo Spengler, qui lui offre de se joindre à l'équipe.

Le parc connaît à l'époque des difficultés monétaires, mais cela n'empêche pas l'homme d'affaires de croire dans le projet et d'acheter la moitié des parts. En 1996, le site attire bon an mal an 40000 visiteurs.

Durant quatre ans, M. Favre jongle entre la gestion du parc Oméga et un poste de président bénévole d'une association d'industriels de l'Alsace.

En 2001, l'emplacement situé dans la Petite-Nation commence à faire ses frais. Des divergences sur la manière de développer le projet surgissent cependant et il rachète l'autre moitié des parts de l'entreprise.

«Mono-obsessionnel» du parc, comme il le dit lui-même, il va ensuite développer d'autres pans du site qui s'étale aujourd'hui sur 2000 acres.

Une place pour l'histoire

De voyage au coeur de la vie sauvage, le lieu est devenu petit à petit un repère qui mêle aussi l'histoire et le patrimoine de la région à l'aventure.

Une cabane à sucre de l'époque est érigée sur place. Sous le règne de M. Favre, l'équipe du parc Oméga a aussi restauré une vieille ferme datant de 1847 pour en faire un attrait estival. «On offre l'ambiance d'une ferme d'autrefois avec les animaux de la ferme, que ce soit les cochons, les poulets, les chèvres et les moutons. C'est une autre expérience pour le visiteur», précise le septuagénaire.

Depuis l'automne dernier, un poste de traite est ouvert au public. Un projet qui a nécessité 600000$ d'investissements et qui sert de base d'activités pendant l'hiver. Cet été, «le Sentier des arbres qui parlent», un parcours consacré à 10 Premières Nations, sera inauguré. «Les idées bouillonnent, note le propriétaire. On continue à développer, mais en gardant l'ADN de la simplicité et de la beauté.»

«Comme des vêtements successifs que vous mettez, j'ai mis un premier vêtement qui était l'assurance. Ce n'était pas tellement l'assurance que j'ai épousée. C'était le fait de pouvoir être autonome. Mon côté entrepreneur était satisfait, mais j'avais envie de faire autre chose. Nous n'avons qu'une vie et je voulais faire quelque chose de passionnant. La vie m'a fait signe et depuis 1996, je me suis éclaté et il n'y a pas un jour où j'ai regretté», conclut M. Favre.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer