Matin et soir, ils arpentent les coins chauds de la capitale

À la chasse aux seringues à Ottawa

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Le centre-ville d'Ottawa s'éveille à peine que des cueilleurs de seringues et de pipes à crack souillées sont à l'oeuvre, à l'intersection des rues Clarence et Dalhousie. Ils marchent, balayant des yeux les cours arrières des refuges pour itinérants, les parcs et les coins reculés où les toxicomanes ont l'habitude de consommer, la nuit. Dès 7 h, une vingtaine de cueilleurs arpentent les coins chauds de la ville, munis d'une pince à barbecue pour ramasser les seringues et les pipes qui traînent.

Ces cueilleurs d'aiguilles sont souvent des citoyens participant à divers programmes de réinsertion à l'emploi ; certains sont même d'ex-toxicomanes. Pour d'autres, c'est un premier pas vers le marché du travail, après des années de marginalisation.

« J'ai des enfants, et je ne voudrais pas qu'ils fassent une chute sur une seringue », explique un de ces cueilleurs rencontrés par LeDroit. Pour une autre cueilleuse, « la sécurité vient en premier ». Pas question de ramasser ces aiguilles en sandales, même par 30 °C. Pantalon long, souliers ou bottes, et, bien sûr, gants de travail pour manipuler la pince à barbecue.

De 7 h à 9 h et de 16 h à 18 h, une quarantaine de personnes ratissent les rues et ruelles de Vanier, du centre-ville et du secteur Carlington. La consommation de jour, dans les rues et les parcs, est bien réelle. Des aiguilles ont récemment été découvertes sous une glissoire, raconte un des cueilleurs. Un toxicomane semble s'être caché sous une structure de jeu pour s'injecter sa dose, abandonnant derrière lui sa vieille seringue.

Avec minutie, les cueilleurs les déposent dans une boîte hermétique. Ils ne retirent jamais leurs gants de travail et portent une attention particulière aux endroits où ils mettent les pieds. Ils passent presque inaperçus aux yeux des automobilistes de passage, malgré leurs dossards orange. Discrètement, les cueilleurs font en sorte que ces seringues, parfois infectées par le VIH ou l'hépatite, ne menacent plus la santé et la sécurité de milliers de personnes.

Les résidents du centre-ville les connaissent très bien, et leur sont très reconnaissants. « On sent que ce que nous faisons est apprécié, dit Paul (nom fictif). C'est un peu ça, notre paie. Les gens sortent de leur maison pour nous dire merci. On nous complimente tous les jours. »

Une année 2012 « intense »

« L'année 2012 a été très intense », explique l'administrateur du programme de cueillette et d'échange de seringues à la Ville d'Ottawa, Craig Calder. « On ne sait pas comment expliquer les hausses et les baisses des quantités de seringues et de pipes souillées, d'une année à l'autre. On sait cependant que les endroits de prédilection des consommateurs changent. Nous ajustons nos trajets en conséquence. »

À eux seuls, les cueilleurs ont retiré, l'an passé, plus de 8 000 seringues souillées et 1500 pipes à crack du centre-ville. Entre janvier et août, cette année, les cueilleurs ont trouvé 2600 seringues et 550 pipes.

Selon les données de la ville, 8 300 seringues ont été ramassées en 2011 dans les rues et les parcs comparativement à 4 900 en 2010.

En plus de la cueillette systématique dans ses rues, la Ville d'Ottawa, par ses programmes de récupération et d'échange volontaire dans ses centres communautaires, a éliminé 700 000 seringues souillées en 2009, 746 000 en 2010, et 838 000 en 2011.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer