Petites créatures fragiles

Heureusement, aucun des 53 enfants des deux garderies... (Étienne Ranger, LeDroit)

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Heureusement, aucun des 53 enfants des deux garderies n'ont été blessés lors de la tragédie qui a fait deux morts vendredi matin à Gatineau.

Étienne Ranger, LeDroit

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Bien des parents de Gatineau ont eu une pensée pour leurs enfants en entendant parler de la fusillade survenue dans une garderie de la rue Gamelin. Les retrouvailles entre ces petites créatures fragiles et leurs parents sous un vent mordant, vendredi matin, avaient d'ailleurs quelque chose de profondément émouvant.

Cinquante-trois enfants âgés de moins de cinq ans fréquentaient la garderie. La tragédie a fait deux morts, deux victimes adultes, dans ce qui a les apparences d'un drame passionnel. Les enfants ne semblaient donc pas visés directement et, par chance, aucun d'eux n'a été blessé. La police admettait vendredi que certains ont pu être témoins des coups de feu. Le tireur avait une arme de chasse de gros calibre.

Peu après leur arrivée sur les lieux du drame, les policiers ont transféré les enfants chez un voisin immédiat par mesure de sécurité. C'est là qu'ils ont attendu que leurs parents viennent les chercher. Des parents qui sont arrivés un par un, les traits rongés par l'inquiétude. Ils devaient marcher un petit bout entre l'endroit où ils avaient stationné leur véhicule et le cordon de sécurité installé par la police. La plupart trop paniqués pour seulement accorder un regard aux journalistes en quête d'une réaction. Se retenant pour ne pas courir même si on les avait avertis qu'aucun enfant n'était blessé.

Comme bien des parents, je me suis imaginé leur réaction quand ils ont reçu l'appel. Les pensées terribles qui ont traversé leur esprit.

Les parents ont été parqués sur le trottoir, derrière un ruban rouge de police, tout près d'un autobus de la Société des transports de l'Outaouais. C'est là qu'ils ont attendu qu'on leur apporte leurs enfants. Les bambins sont arrivés de la maison du voisin par petits groupes de quatre ou cinq. Dans les bras des policiers, nu-tête, leurs petites frimousses émergeant d'une couverture passée sur leurs épaules. On n'avait pas eu le temps de récupérer leurs vêtements d'hiver.

Tout était resté sur les lieux de la tragédie, dans les deux maisons occupées par la garderie : la grande maison de brique rouge et la petite maison blanche. Le corps du tireur retrouvé dans la première, celui de la victime dans la deuxième.

Près de l'autobus, des parents accueillaient leur enfant en pleurant. D'autres souriaient du mieux qu'ils pouvaient en leur parlant d'une voix rassurante. Les enfants, eux, semblaient insouciants. Surtout curieux du spectacle offert par les gyrophares, les uniformes, les caméras de télé... Je retiens particulièrement l'image d'une fillette, debout près de l'autobus, ses pieds nus chaussés de sandales Croc roses, son corps frêle enveloppé dans une couverture jaune fluo. Moi qui grelottais en observant la scène de l'autre côté de la rue, j'ai pensé : « Elle va attraper un sale rhume. » Avant de réaliser que ce serait un moindre mal après une journée pareille. Son petit frère était dans les bras de sa mère qui pleurait.

Après un moment, la fillette en sandales roses a tourné la tête vers les journalistes. Elle souriait.

Belle petite créature fragile.

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