Victimes d'actes criminels: Québec bonifie les indemnisations

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Des familles de l'Outaouais qui ont perdu un être cher lors d'un acte criminel saluent la décision de Québec de bonifier leurs indemnisations.

Le ministre de la Justice, Bertrand St-Arnaud, a déposé hier le projet de loi 22, qui vient préciser les sommes additionnelles auxquelles auront droit les proches des victimes d'actes criminels.

La contribution supplémentaire annuelle de l'État, environ deux millions$, est accueillie comme un baume sur une plaie douloureuse par l'Association des familles de personnes assassinées ou disparues (AFPAD).

«Ce n'est jamais assez, mais c'est un bon pas», répond une représentante de l'AFPAD en Outaouais, Nicole Dubé.

MmeDubé milite depuis des mois pour obtenir de meilleurs appuis pour les familles éprouvées. Elle-même a perdu sa fille aux mains d'un meurtrier, en Côte d'Ivoire.

Elle vient régulièrement en soutient auprès des familles de victimes qui assistent aux audiences des présumés meurtriers, comme ce fut le cas ces derniers jours dans le dossier de meurtre impliquant un mineur reconnu coupable du meurtre de Jacques Jong, à Plaisance.

«Quand t'as pas le problème d'argent à régler, c'est déjà ça. C'est un problème de moins», explique MmeDubé.

«Nous avons été longtemps délaissés, poursuit-elle. On sent aujourd'hui que les gouvernements tendent l'oreille.»

Si le projet de loi est adopté ce printemps, le remboursement des frais funéraires d'une victime passera de 3000$ à 5000$.

Le coût de nettoyage d'une scène de crime sera acquitté par l'État, jusqu'à concurrence de 3200$.

L'indemnité versée aux parents dont l'enfant a perdu la vie à la suite d'un crime passera de 2000$ à 12000$.

Québec portera aussi d'un an à deux ans le délai accordé aux proches pour présenter une demande d'indemnisation. Tous les montants indiqués seront indexés annuellement.

En matière d'agression sexuelle et de violence conjugale, le gouvernement prévoit une compensation financière correspondant à deux mois de loyer, jusqu'à concurrence de 1000$ par mois, afin de couvrir les frais engagés pour la résiliation d'un bail résidentiel pour des raisons de sécurité prévu au Code civil du Québec.

Selon l'AFPAD, par contre, les nouvelles mesures demeurent imparfaites.

«Si un parent décède, on ne réserve rien à l'enfant», rappelle MmeDubé.

Les millions annoncés précédemment ne sont pas rétroactifs et ne sont pas dédiés aux familles déjà éprouvées. Le ministre St-Arnaud prévoit réserver 50000$ de son fonds discrétionnaires à l'AFPAD, pour qu'elle puisse soutenir financièrement les proches des victimes de tragédies récentes à travers un fonds spécial créé à cette fin.

Le ministre a aussi invité ses 124 collègues de l'Assemblée nationale à financer ce fonds spécial.

«J'aimerais bien que tous les députés mettent un 500$ et que tous mes collègues ministres mettent un 1000$. Avec ça, on aurait un bon montant qui ferait en sorte d'aider les parents qui ont vécu des situations particulièrement tragiques, qui ont perdu leur enfant des suites d'un acte criminel», a dit le ministre.

En point de presse, M.St-Arnaud a dit espérer que son projet de loi sera adopté le plus rapidement possible, idéalement dès le début du printemps. Hier, la Chambre a ajourné ses travaux jusqu'au 12mars.

«Je suis conscient qu'aucune somme ne peut compenser la mort d'un enfant, mais ce qui est versé actuellement aux parents est franchement inacceptable», a-t-il fait valoir.

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