Un don d'un magasin vient en aide à des sans-abri

Un habit pour redonner la dignité

L'habit ne fait pas le moine, dit-on. Mais le temps d'une soirée, un  don de... (Étienne Ranger, LeDroit)

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Étienne Ranger, LeDroit

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L'habit ne fait pas le moine, dit-on. Mais le temps d'une soirée, un don de complets-vestons fait par un magasin de la région a redonné leur dignité à un groupe de sans-abri du Gîte Ami à Gatineau.

À force de vivre dans la rue, Luc Morel choisit ses vêtements d'abord pour leur côté pratique. Chauds en hiver. Confortables en été. Alors quand il est venu cogner à la porte de sa travailleuse sociale, peu de temps avant Noël, sa requête a paru pour le moins inhabituelle à celle-ci : « Sylvie, est-ce que tu ne pourrais pas me trouver un bel habit ? »

Un bel habit ? C'est que Luc Morel cherchait un moyen de faire plaisir à sa vieille mère malade de 84 ans. Voilà déjà six mois qu'il ne l'avait pas vue. Et comme il lui est interdit de la visiter au foyer, il l'a invitée à venir passer le réveillon avec lui au Gîte Ami. En prévision de cette visite, il tenait à se faire beau. Il s'est rappelé qu'une rangée complète de complets-vestons, don des magasins Moores, dormait quelque part dans l'entrepôt du refuge.

« Luc m'a demandé s'il pouvait emprunter un costume de chez nous pour faire plaisir à sa mère, raconte Sylvie Demaret, sa travailleuse sociale. J'ai dit 'OK' et c'est comme ça qu'on a commencé les séances d'essayage. C'est vraiment lui qui a eu l'idée de se faire beau pour le réveillon ».

Dans le cas de Luc Morel, cela faisait 37 ans qu'il n'avait pas porté de complet-veston. Et ça a été toute une histoire de le convaincre d'ajouter la cravate. « La dernière fois où j'ai porté un costume, c'est quand je me suis marié, en 1975. Je n'ai jamais aimé les costumes. J'en portais quand j'étais garçon pour faire plaisir à maman. Mais pour le réveillon, je voulais qu'elle voie son petit gars habillé convenablement. Il me semble que c'est la moindre des choses que je pouvais faire pour elle. Je ne sais pas combien de temps je vais l'avoir avec moi. Elle a 84 ans et sa santé n'est pas très bonne. Ça me fait peur. Moi-même, j'ai fait trois attaques de coeur. Et même si je n'ai pas peur de mourir, mon heure approche. »

Entre-temps, l'idée de Luc fait boule de neige. Le rack de complets-vestons s'est retrouvé dans la grande salle du Gîte Ami. « Ça se promenait en complets trois pièces ici le soir du réveillon », raconte en riant Luc Villemaire, le directeur du Gîte Ami.

Plus de détails dans LeDroit du 19 janvier ou sur ledroitsurmonordi.ca

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