Double meurtre suivi d'un suicide à Stittsville

Un père de famille dévasté

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C'est un père de famille « complètement et totalement dévasté » qui a passé la soirée au quartier général de la police d'Ottawa, lundi, après avoir retrouvé sans vie sa femme et ses deux enfants, dans leur résidence du secteur Stittsville, dans l'ouest d'Ottawa.

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Un couple a déposé des fleurs dans la neige devant la résidence du secteur Stittsville.

Patrick Woodbury, LeDroit

Jon Corchis, propriétaire d'une PME, rentrait de sa journée de travail lorsqu'il a fait la macabre découverte au sous-sol du 25, promenade Granite Ridge. Il a lui-même composé le 9-1-1, vers 17 h 30, avant d'être conduit au poste de police de la rue Elgin, au centre-ville.

« Nous nous sommes entretenus longuement avec lui. Non seulement pour comprendre ce qui s'est passé, mais pour lui offrir notre aide et nos ressources », a relaté l'enquêteur John Maxwell, de l'Unité des crimes majeurs de la police d'Ottawa.

« Que Dieu le bénisse... J'espère qu'il pourra passer au travers », a-t-il ajouté, hier midi, lors d'une conférence de presse.

Lundi, Alison Constance Easton, âgée de 40 ans, a tué par arme blanche ses deux enfants, Jon Alexander Corchis, 10 ans, et Katheryn Elizabeth Corchis, 6 ans, avant de s'enlever la vie. Le décès des enfants, connus simplement aux yeux de tous comme Alex et Katie, a été constaté sur place.

Leur mère, toujours vivante à l'arrivée des autorités, a succombé à ses blessures peu de temps après.

Selon toute vraisemblance, celle qui aurait laissé une note avant de commettre son geste, avait des problèmes de santé mentale.

Au lendemain de la tragédie, la police a confirmé la thèse du double meurtre suivi d'un suicide, qualifiant l'affaire d'« horrible » et de « terrifiante ».

« C'est le cauchemar de tout le monde, parce que c'est tellement triste. C'est un acte criminel, mais qui penche beaucoup plus du côté de la tragédie humaine », a expliqué M. Maxwell.

L'enquêteur a profité du moment pour offrir ses sympathies à Jon Corchis, rappelant que la plupart des premiers répondants ont eux aussi des familles, rendant leur travail « très, très difficile ».

La police n'a pas voulu offrir d'autres détails, sur la cause des décès, préférant demeurer évasive.

Une autopsie devait être pratiquée hier sur le corps d'Alison Constance Easton. Les corps des deux enfants doivent être soumis à une autopsie aujourd'hui.

« Nous devons être absolument certain que ce que nous croyons qui est arrivé est bel et bien arrivé », a indiqué l'enquêteur Maxwell.

« On pourrait penser que tout est décidé dans cette affaire, mais pas nécessairement. C'est pourquoi nous voulons parler à plusieurs personnes, que ce soit des membres de la famille, des amis ou des connaissances, afin de déterminer s'ils ont remarqué quelque chose », poursuit-il.

En raison des circonstances entourant le drame, la police d'Ottawa n'entrevoit pas déposer d'accusation dans ce dossier.

Au dire de la police, la famille était « presque sans histoire ». Les policiers ont déjà été appelés à se rendre sur place dans le passé, mais il ne s'agissait que d'incidents mineurs, principalement des plaintes pour des chiens qui aboient trop forts. Aucune intervention n'était reliée à de la violence conjugale, a assuré l'enquêteur Maxwell.

Alison Constance Easton participait d'ailleurs activement au programme de surveillance de quartier, dans ce secteur cossu de Stittsville. Ce programme, « qui aide les voisins à surveiller les voisins », vise à décourager la criminalité à l'échelle de la ville.

Le décès des enfants a été constaté sur... (Patrick Doyle, La Presse Canadienne) - image 2.0

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Le décès des enfants a été constaté sur place. Leur mère, toujours vivante à l'arrivée des autorités, selon nos informations, aurait succombé à ses blessures peu de temps après.

Patrick Doyle, La Presse Canadienne

Les meurtres d'Alex et de Katie ont fortement ébranlé la communauté scolaire, puisque la résidence est située à une dizaine de mètres de l'école publique de Stittsville. Alex était en cinquième année, alors que sa jeune soeur venait tout juste d'entrer à la maternelle. 

L'Ottawa Catholic District School Board (OCDSB) a fait le point sur la situation, peu avant midi. 

«On est bien chanceux dans notre conseil scolaire, puisqu'on a des équipes qui sont faites de psychologues, de travailleurs sociaux et d'un surintendant responsable de l'école. Ils sont là depuis ce matin pour donner le soutien nécessaire aux élèves, aux enseignants, au personnel, au directeur et aux parents», a indiqué le directrice de l'éducation de l'OCDSB, Jennifer Adams. 

«Ce sont des situations très difficiles dans une communauté. On est très chanceux d'être à Ottawa où il y a beaucoup de partenaires pour offrir du soutien nécessaire aux élèves et aux familles», a-t-elle ajouté.

L'école du secteur Stittsville demeurera ouverte. Mme Adams affirme qu'il est beaucoup trop tôt pour savoir si une cérémonie sera organisée ultérieurement. «Il faut donner du temps à la famille», a-t-elle dit.  

Les autorités policières suivent aussi leur protocole d'intervention en cas d'incident majeur. «En plus de l'enquête générale, ceci comprend l'apport de soutien à la famille des victimes par l'entremise de l'Unité d'aide aux victimes en situation d'urgence et des démarches de sensibilisation communautaire par la voie d'agents de quartier et d'agents scolaires», a indiqué la Police d'Ottawa.

Plus de détails à venir.

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