Magnotta, personnalité médiatique: «dégoûtant», réagit Bob Rae

Après une cavale de Montréal à Berlin, Luka... (Photo SPVM)

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Après une cavale de Montréal à Berlin, Luka Rocco Magnotta débarque, menotté, à l'aéroport de Mirabel le 18 juin, escorté par des policiers montréalais. Celui qui était mondialement surnommé « le dépeceur de Montréal » est ainsi rapatrié au pays pour y être accusé du meurtre de Lin Jun, un étudiant chinois assassiné dans un appartement du quartier Côte-des-Neiges

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Murray Brewster
La Presse Canadienne

La sélection du présumé meurtrier Luka Rocco Magnotta à titre de personne ayant le plus marqué l'actualité en 2012 a suscité colère et indignation sur les réseaux sociaux et les sites Internet du pays.

L'ancien danseur nu, qui est accusé d'avoir assassiné et démembré l'étudiant chinois Jun Lin, a été choisi par 22 pour cent des médias qui ont pris part au sondage de La Presse Canadienne, une enquête qui est effectuée à chaque année dans les salles de nouvelles aux quatre coins du Canada.

Le chef intérimaire du Parti libéral du Canada, Bob Rae, est l'un des premiers à avoir exprimé sa colère et sa déception, dimanche matin. Il s'est tourné vers le réseau social Twitter et a publié sur son fil, qui compte plus de 33 000 abonnés, que cette sélection était «véritablement dégoûtante».

Après avoir échangé avec l'un de ses abonnés, M. Rae a ajouté que La Presse Canadienne avait eu recours à un «sensationnalisme de bas étage» et que «de nombreuses personnes avaient eu plus d'impact et généré plus de couverture médiatique».

Même si les horribles crimes qui sont reprochés à Luka Rocco Magnotta ont eu lieu à Montréal et que sa cavale a fait l'objet d'une intense couverture médiatique au Québec, aucun média de la province n'a voté pour lui.

Sa sélection a cependant été décriée par de nombreux Québécois sur les réseaux sociaux ainsi que sur les sites internet qui ont publié l'article.

«Je trouve cette «nomination» inadmissible, éhontée et épouvantable. Peut-on au moins avoir la décence d'éviter de donner autant de «gloire» à un personnage aussi sordide, et montrer ainsi un minimum de respect pour sa victime?», a écrit une internaute sur le site web de Radio-Canada.

Une pétition en ligne a également été initiée en réaction à la sélection de Luka Rocco Magnotta. Son instigateur, Andrew Schiestel, demande à La Presse Canadienne de lui retirer son titre. En fin de journée, dimanche, moins de 100 internautes l'avaient signée.

Le rédacteur en chef de La Presse Canadienne, Scott White, a tenu à préciser que le titre de personne ayant le plus marqué l'actualité («Newsmaker of the Year») n'était «pas un concours de popularité».

M. White a précisé que ce sont «les journalistes du Canada - ceux qui choisissent ce qui se retrouve à la une et qui élaborent les bulletins de nouvelles - (qui) déterminent quel Canadien a eu le plus d'impact dans l'actualité pendant l'année», ajoutant que «les nouvelles (...) sont parfois déplaisantes et laides (et) ce choix reflète cet état de faits».

Depuis la création du sondage annuel visant à élire la personnalité médiatique de l'année, en 1946, très peu d'individus ont hérité du titre en raison des gestes sordides qu'ils ont posés.

Il y a bien eu, en 2010, Russell Williams, cet ex-colonel des Forces canadiennes condamné à la prison à vie pour le meurtre de deux femmes. Mais règle générale, les personnalités sélectionnées par les responsables des salles de rédaction sont des héros sportifs, des diplomates ou encore des politiciens.

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