Course de rue mortelle sur le boulevard Maloney, le 3 août 2008

La prison pour un « pilote » gatinois

Le 3 août 2008, pendant une course de... (Martin Roy, LeDroit)

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Le 3 août 2008, pendant une course de rue sur le boulevard Maloney, Daniel Légaré perd le contrôle de sa Honda Civic modifiée et heurte de plein fouet une Saturn en sens inverse. L'autre conducteur ne survivra pas à l'accident.

Martin Roy, LeDroit

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Un adepte de course automobile qui avait comme terrain de jeu le boulevard Maloney a été condamné à 30 mois de pénitencier, cette semaine, pour avoir causé la mort d'une innocente victime il y a quatre ans.

Le 3 août 2008, Daniel Légaré, âgé de 22 ans à l'époque, était immobilisé à un feu rouge, lorsqu'il a décidé de confronter un motocycliste qui attendait à ses côtés. Les deux « pilotes » ont rapidement accéléré, jusqu'à ce que Légaré perde le contrôle de sa Honda Civic 1996 modifiée, traverse la ligne médiane, et heurte de plein fouet une Saturn qui arrivait en sens inverse.

Légaré roulait à au moins 118 km/h. L'impact a été violent. Les deux véhicules ont été complètement détruits. Le conducteur de la Saturn, Jean Doré, 53 ans, est décédé dans les minutes suivant la collision.

Légaré a pour sa part été gravement blessé aux jambes, alors que sa copine de l'époque, qui prenait place dans le siège du passager, a subi des blessures mineures.

Au moment de prononcé de sa sentence au palais de justice de Gatineau, le juge Serge Laurin a eu des mots durs envers ce type de « comportement inacceptable qui se reproduit trop souvent ».

« La conduite d'un véhicule, ce n'est pas un jeu. C'est une responsabilité et un privilège. Contrairement aux jeux électroniques où les participants n'ont qu'à appuyer sur un bouton pour tout recommencer, dans la vraie vie ce bouton n'existe pas », écrit-il.

« Lorsque des conducteurs téméraires ne respectent pas les règles de sécurité les plus élémentaires, les véhicules peuvent devenir des armes fatales », ajoute le juge Laurin dans sa décision.

En analysant la preuve, le magistrat a soulevé l'insouciance de Légaré par rapport à la vitesse. « Son objectif était de gagner la course. [...] Faire la course contre une motocyclette alors qu'il était en voiture, démontre que son jugement était déficient », souligne-t-il.

Amateur de bolides modifiés, Légaré aimait s'amuser à la piste de course du secteur Luskville. À l'occasion, le boulevard Maloney s'y substituait. Ses antécédents de conduite démontrent d'ailleurs un goût pour les excès de vitesse, le crissement de pneus et les dépassements illégaux.

Lors de la course de rue mortelle, sa voiture était propulsée par un moteur d'Acura Integra, deux fois plus puissant que celui d'origine de sa Civic. Son véhicule était d'ailleurs équipé de pneus d'hiver usés « jusqu'à la broche » à l'arrière, et à l'avant, de pneus lisses destinés à la course, illégaux sur les routes.

Selon la cour, le comportement de l'accusé dans un secteur résidentiel et commercial où la limite de vitesse est établie à 70 km/h, « dépasse tout entendement ».

« Insouciance déréglée »

« Un tel comportement fait preuve d'insouciance déréglée, de témérité et met en danger la vie d'autrui », fait remarquer le juge Laurin, estimant qu'il y a « encore trop d'infractions où d'innocentes victimes paient de leur vie ».

D'ailleurs, selon ce que Légaré a lui-même confié à son agente de probation, « les gens qu'il fréquentait à travers ces activités illicites sont encore aujourd'hui actifs dans la rue et n'ont pas appris de leçon de vie ».

En rendant sa sentence, le juge a pris en considération les remords de Légaré. À sa sortie du pénitencier, ce dernier devra s'abstenir de prendre le volant pour les trois prochaines années.

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