La maison qui a pris feu faisait les manchettes hier. La bâtisse, jugée dangereuse par la Ville, est trop instable pour que quiconque y habite. Un avis d'éviction a donc été remis aux locataires en novembre, les intimant de quitter les lieux le 1er décembre. La plupart d'entre eux, dont la majorité est à risque d'itinérance, sont restés sur place, faute d'endroit où aller.
Les enquêteurs de la police de Gatineau analyseront plus en profondeur la scène de crime ce matin, a affirmé le lieutenant Claude Vaillancourt. Le brasier a pris naissance vers 17 h 45 sur le mur extérieur de l'édifice situé au 161, rue Laurier, dont à peine un mètre le sépare de l'immeuble voisin.
À la suite de l'incendie, plusieurs locataires se sont réfugiés dans une succursale d'une chaîne de restauration rapide en attendant l'arrivée de la Croix-Rouge. Leur détresse à l'idée de ne pas pouvoir retourner chez soi était palpable.
Méfiance chez les locataires
Selon leur témoignage lors du passage du Droit, ils étaient unanimes à croire qu'ils ont été victimes d'un crime, alléguant pour motif qu'ils n'étaient plus désirés en la demeure.
Ils pourront bénéficier de l'aide de la Croix-Rouge pour un maximum de 15 jours, a affirmé en soirée le porte-parole de Logemen'occupe, François Roy, qui par ailleurs, s'est réjoui que les locataires soient enfin forcés de quitter la bâtisse qui menace de céder à tout moment, selon un rapport de la Ville de Gatineau.
« Ils ne peuvent pas retourner là, s'est empressé de commenter M. Roy. On va suivre le dossier de près. Maintenant, il faut les déménager de façon convenable et à prix modique. »
Certains locataires habitaient le vétuste immeuble construit en 1903 depuis plus d'une décennie.
L'incendie a donné une bonne frousse aux résidents du duplex voisin, dont une distance de moins d'un mètre le sépare de l'immeuble délabré. Il s'en est d'ailleurs fallu de peu pour que le brasier n'endommage plus sérieusement les deux résidences.
« J'ai tellement hâte qu'ils la mettent par terre », lance encore sous le choc Céline Cousineau, une voisine. « C'est une bombe à retardement. Cette maison est pourrie de bord en bord depuis longtemps. Il faut qu'elle soit démolie au plus vite. »