Une douleur «inexplicable», dit le père

Patrick Desautels... (Imacom, Frédéric Côté)

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Patrick Desautels

Imacom, Frédéric Côté

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Au surlendemain du drame familial de Drummondville, la grand-mère maternelle des trois victimes, qui a découvert les corps, a demandé le soutien d'une amie pour encaisser le choc. En juin, un juge avait ordonné qu'elle soit «constamment» en présence des enfants lors des droits de visite de leur mère.

Jointe à son domicile de Drummondville, hier matin, Nicole Grenier a répondu d'une voix fatiguée. «Oui, ça va bien, a-t-elle dit. J'ai quelqu'un avec moi.»

En après-midi, dans l'embrasure de la porte, elle a poliment refusé de donner des détails sur les événements qui ont précédé la découverte des corps. Mme Grenier se serait absentée une vingtaine de minutes lorsque le drame s'est produit.

Elle a affirmé qu'elle avait rencontré les policiers, mais qu'elle n'a aucune nouvelle de sa fille, Sonia Blanchette, hospitalisée depuis le drame. «Je n'ai pas le droit de la voir actuellement», a-t-elle précisé avant de refermer la porte. Tous les volets de sa résidence étaient fermés.

Vers 16?h dimanche, Nicole Grenier a découvert les corps de Laurélie, 5 ans, Loïc, qui venait de fêter ses 4 ans, et Anaïs, 2 ans. Selon nos sources, les enquêteurs étudient l'hypothèse selon laquelle ils seraient morts noyés dans le bain. Les autopsies ont été terminées hier. En début de soirée, la mère n'avait pas encore été interrogée par les enquêteurs. Elle est toujours considérée comme un «témoin important».

Le père s'adresse aux médias

Le père des victimes, Patrick Desautels, s'est brièvement adressé aux médias hier après-midi, au restaurant de Sainte-Christine, à une quarantaine de kilomètres au sud de Drummondville. «La douleur que nous éprouvons est inexplicable», a-t-il dit après avoir remercié la population pour son «soutien» et ses «bons mots».

Un comité de soutien a été mis en place pour appuyer la famille Desautels, bien connue dans le village de Sainte-Christine, qui compte 745 habitants. Les villageois récoltent des fonds pour la famille, préparent des plats et donnent un coup de main à la pépinière familiale. «Tout le monde se sert les coudes pour aider la famille à traverser une épreuve comme ça», a expliqué la mairesse Huguette St-Pierre Beaulac.

Une longue saga judiciaire

Les trois enfants habitaient avec leur père depuis l'automne 2011. Selon les documents de la cour, Patrick Desautels a demandé la garde complète après que Sonia Blanchette fut partie quatre semaines en Gaspésie sans l'avertir. Le juge s'était notamment basé sur les expertises psychosociales pour rendre sa décision.

«C'était compliqué, a raconté Dominic Anger, patron de la pépinière l'Avenir, où Sonia Blanchette, horticultrice, a travaillé il y a deux ans. Elle agissait de façon bizarre. Par exemple, elle ne ramenait pas les enfants à l'heure à leur père.»

Le couple, qui se fréquentait depuis 2006, s'est séparé à l'automne 2009. En vertu d'une entente, Sonia Blanchette a d'abord obtenu la garde des deux premiers enfants. Ils ont continué à se fréquenter après leur rupture, si bien que Mme Blanchette est tombée enceinte en février 2010.

À la naissance d'Anaïs, en octobre 2010, Sonia Blanchette n'a pas inscrit le nom du père dans sa déclaration de naissance. Le 12?décembre 2011, un juge a reconnu la paternité de Patrick Desautels et lui a confié la garde d'Anaïs. Le jour même, Sonia Blanchette l'a enlevée. Elle a été accusée relativement à cette affaire.

De décembre 2011 à juin dernier, Sonia Blanchette avait le droit de voir ses enfants sous la supervision de la Maison de la famille de Drummondville. En juin, la cour lui a accordé le droit de les voir chez elle en présence de leur grand-mère maternelle.

Alain Roy, professeur de droit à l'Université de Montréal, se questionne sur l'idée d'ordonner la supervision des droits d'accès à un proche parent. C'est rassurant pour l'enfant, mais cela soulève certaines difficultés, affirme-t-il. «Est-ce que le grand-parent est toujours en mesure de s'imposer auprès de son propre enfant?», demande-t-il.

Il est rare qu'une personne chargée d'assurer la supervision des droits d'accès soit accusée d'outrage au tribunal. Pour y être passible, la personne doit être partie au dossier et avoir eu l'intention de ne pas respecter l'ordonnance.

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