Briser le silence pour mettre fin à la souffrance

Le palais de justice de Gatineau... (Archives, LeDroit)

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Le palais de justice de Gatineau

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Sous l'emprise d'un agresseur sexuel dès 1978 durant six ans, une ex-Gatinoise a vu une partie de son enfance et son adolescence se transformer en véritable calvaire.

Trois décennies plus tard, la victime a accepté de se confier au Droit, quelques jours après que son assaillant ait été reconnu coupable de cinq des six accusations qui pesaient contre lui au palais de justice de Gatineau.

C'est en 2006 que la femme (nous l'appellerons Julie afin de respecter l'ordonnance de non-publication émise par le juge Pierre Chevalier), aujourd'hui résidente de la Montérégie, a décidé de crever l'abcès en dénonçant une fois pour toutes son agresseur. Après six années à remuer de mauvais souvenirs, voilà que le sinueux processus tire à sa fin.

«Je suis vraiment soulagée. C'est le pire secret que j'ai dû supporter. Vous savez, c'est long pour les victimes, je ne trouve même pas les mots pour expliquer à quel point ça peut être pénible. Sauf qu'au bout du compte, ça vaut vraiment la peine, surtout si l'on est supporté. Mon fils a pleuré de joie au téléphone lorsque je lui ai annoncé», soutient Julie, qui ne regrette pas d'avoir attendu plus de 20 ans avant de décrier les gestes de son agresseur.

«Ça prend des années uniquement pour se préparer mentalement», dit-elle.

L'individu aujourd'hui âgé de 71 ans connaîtra sa sentence le 13 mars.

OEuvrant comme éducatrice spécialisée, Julie côtoie des enfants dont le quotidien n'est pas rose.

«C'est incroyable ce que ça me fait vivre. J'ai toujours dit que ce sont eux qui m'ont procuré la force de dénoncer», confie la victime.

Entre colère et pardon

Pardonner à son agresseur est-il possible? «La notion de pardon signifie tellement de choses à la fois. De là à dire que je le serrerais dans mes bras, non, mais lui pardonner d'avoir menti, peut-être. Il doit d'abord se pardonner à lui-même», répond Julie. Encore très attachée à l'Outaouais, sa région natale, la femme se promet d'y revenir un jour. Mais son déménagement était devenu nécessaire. «J'avais besoin de m'éloigner, je le croisais souvent dans les magasins. Ça m'a permis d'avoir un poids en moins sur les épaules», dit-elle.

Sereine malgré la colère, Julie affirme ne pas avoir d'appréhensions ou de souhaits particuliers quant à la sentence que le tribunal imposera. «Moi, j'ai vécu dans la prison qu'est le silence pendant plusieurs années, alors lui, il vivra sa sentence dès maintenant. Qu'il se retrouve derrière les barreaux ou qu'il purge sa sentence dans la communauté, il aura le verdict sur la conscience», conclut la mère de deux jeunes adultes.

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