Armes de poing et inquiétude

Les armes de poing représentent toutefois moins de... (Photothèque Le Soleil)

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Les armes de poing représentent toutefois moins de 10% des armes saisies par le SPVG depuis 2008. À l'inverse, 90% des armes saisies au cours de la même période sont des armes d'épaule, comme les fusils et les carabines.

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Depuis 2008, la police de Gatineau a saisi plus de 600 armes à feu sur son territoire, a appris LeDroit. Si la très grande majorité sont des armes d'épaule habituellement utilisées pour la chasse, la présence croissante d'armes de poing soulève de l'inquiétude.

Irvin Waller, criminologue à l'Université d'Ottawa, y voit là une preuve de la course à l'armement que se livrent actuellement les gangs de rues présents sur le territoire d'Ottawa et de Gatineau. «Il est clair que les gangs de rue sont plus lourdement armés qu'ils ne l'étaient il y a tout juste cinq ans, note-t-il. Il y a eu une trentaine de fusillades cet été à Ottawa, ce qui représente une augmentation de plus de 30% par rapport à l'année passée. La moitié de ces fusillades sont reliées aux gangs de rue et ces gangs utilisent beaucoup plus des armes de poing que des armes d'épaule.»

Le criminologue explique que les armes de poing sont habituellement portées par des gens qui ont «peur pour leur sécurité». «Si un gang décide de s'armer, le gang adverse va faire la même chose pour assurer sa protection, dit-il. Des policiers d'expérience n'hésitent pas à dire qu'ils craignent beaucoup plus aujourd'hui de rencontrer un jeune armé lors d'une intervention qu'il y a 15 ans.»

Le porte-parole du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG), Jean-Paul Le May, admet que les membres des gangs de rue présents sur le territoire gatinois sont «plus armés» dernièrement. «C'est assez récent comme situation, ça s'est fait de façon progressive, dit-il. Ça oblige à évaluer de nouveaux facteurs de risque quand vient le temps de faire des interventions.»

Les armes de poing représentent toutefois moins de 10% des armes saisies par le SPVG depuis 2008. À l'inverse, 90% des armes saisies au cours de la même période sont des armes d'épaule, comme les fusils et les carabines. «Les chiffres ne mentent pas, c'est assez représentatif du type d'arme le plus en circulation à Gatineau», précise-t-il.

Beaucoup de saisies préventives

S'il n'est pas rare que des armes d'épaule soient découvertes par les policiers lors d'interventions reliées à la drogue et au crime organisé, la majorité des saisies surviennent dans des cas de prévention. «Si nous découvrons des armes lors d'une intervention pour troubles domestiques ou lors de détresse psychologique, nous allons les saisir par mesure préventive», explique le sergent Le May.

Lorsque la police intervient dans un cas de suicide, toutes les armes présentes sont aussi saisies par les forces de l'ordre. Cela explique d'ailleurs le nombre élevé de saisies d'armes en 2010, à Gatineau. «Un homme qui s'était suicidé avait chez lui plus de 80 armes, précise M. Le May. Il en avait de toutes les sortes. Ça explique le nombre élevé d'armes saisies cette année-là.»

Une fois saisies, les armes à feu prennent le chemin du Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale du Québec, explique le sergent Le May. Elles y font l'objet d'une analyse spécialisée. «C'est important de le faire parce qu'une arme pourrait éventuellement être reliée à un crime antérieur, dit-il. Une fois que cela est fait, les armes sont détruites, tout simplement.»

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