Les policiers ont confirmé qu'il s'agit du cinquième homicide à survenir depuis le début de l'année.
La victime, Levy Kasende, a été abattue peu avant 1 h devant l'appartement de son ex-copine, Sarah Labib, 20 ans, alors qu'il lui rendait visite, ainsi qu'à leur bébé de 4 mois.
La jeune mère et son poupon, Jayla-Marie, habitent un complexe de maisons en rangée pour femmes monoparentales, situé au 2676, chemin Innes.
Des amis du couple, Samia Camille et Marisa Titus, se trouvaient tout près du lieu du drame lorsqu'elles ont entendu « au moins cinq » détonations.
« J'ai entendu les coups de feu, puis j'ai couru devant la maison, raconte Mme Titus. Quand je suis arrivé, j'ai vu Levy sur le sol. Un attroupement s'est alors formé autour de lui. »
Les deux jeunes femmes affirment avoir vu un vieux VUS rapidement quitter les lieux alors que les vitres de la portière avant se refermaient. Plusieurs personnes étaient assises à l'intérieur. Les deux jeunes femmes n'ont pas vu le visage des occupants.
Les policiers ont jusqu'à présent révélé peu de détails sur les circonstances du drame.
Mme Titus a passé les minutes suivantes au téléphone avec les services d'urgences, alors qu'elle regardait la victime expirer son dernier souffle.
« L'ambulancier au téléphone me demandait de prendre son pouls, mais il y avait tellement d'agitation autour de moi que j'ai figé », témoigne-t-elle. « Il était brillant et toujours souriant », ajoute Mme Camille.
Même si Levy a déjà eu des démêlés avec les policiers, son père, Jean-Christophe, « s'attendait à tout sauf à ça ».
« C'était une personne très sensible à la souffrance des autres », confie-t-il depuis sa résidence de Halifax.
M. Kasende, originaire du Congo, a fait venir sa conjointe et ses 7 enfants à Ottawa en 1996, après avoir obtenu son doctorat en lettres françaises à l'université du même nom. Il s'expatrie en 2004 sur la côte est canadienne pour enseigner à l'Université Dalhousie.
Levy, le plus jeune de la fratrie, avait « de bonnes manières » et était « totalement intégré à la société canadienne », raconte-t-il la gorge nouée.
« Il avait une carrure forte, et alors qu'il grandissait, il se considérait comme un homme à l'âge de 14 ans. Il avait le sens du commandement et du leadership. Il était d'une bonté infinie », confie-t-il.
Après avoir vécu une adolescence difficile, Levy commençait à « s'assagir » et à retrouver « l'équilibre », surtout depuis la naissance de sa fille.
« Le Canada m'a tout donné, mais il vient de me prendre une partie de moi-même, dit-il, atterré. J'espère que la police va découvrir les motifs de cette violence. »