Meurtre de Valérie Leblanc: entre l'espoir et la colère

La grand-mère de Valérie Leblanc, Huguette.... (Simon-Séguin Bertrand, LeDroit)

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La grand-mère de Valérie Leblanc, Huguette.

Simon-Séguin Bertrand, LeDroit

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Huguette Leblanc accorde des entrevues en série, depuis quelques jours. Au nom de Valérie, sa petite-fille victime d'un meurtre crapuleux il y a un an, derrière le Cégep de l'Outaouais, elle ouvre son coeur au public et poursuit son combat afin de retrouver celui «ou ceux» qui ont commis le pire.

Le 23 août 2011, un petit groupe d'adolescents découvrait le corps brûlé et mutilé de Valérie Leblanc dans le boisé de la Commission de la capitale nationale (CCN) bordant le campus Gabrielle-Roy. Un an plus tard, le meurtrier court toujours et les réponses se font attendre.

Huguette Leblanc arrive dans un restaurant du secteur Hull, accompagnée de son mari et complice, Bert Leblanc. Ils se prononcent sur les circonstances du meurtre, l'enquête policière, leur vie des douze derniers mois. «S'il fallait que je dise tout ce que je pense, ça ne serait pas beau... C'est pour ça que je laisse parler Huguette», dit Bert Leblanc avec aplomb.

La grand-mère, de son côté, éprouve toujours de la difficulté à dormir. «On y pense tout le temps. Un deuil comme ça, ça ne se fait pas... Toutes sortes d'idées dans la tête. C'est l'inconnu. C'est barbare et c'est arrivé en plein jour...»

Que ce soit à l'épicerie ou sur la rue, Mme Leblanc a reçu les encouragements des passants qui la reconnaissaient. «C'est toujours pour donner de l'espoir. Les gens nous disent: 'On a hâte que ce soit réglé'.»

Enquête policière

Pour le couple, plus il est question de Valérie Leblanc dans les journaux, à la télé ou à la radio, plus la police de Gatineau a de chances de faire avancer son enquête. «Des fois, on se fâche et on parle de la police, explique Bert Leblanc. On trouve que ça n'avance pas assez vite ou qu'on ne sait pas grand-chose de leur progression. Mais il faut garder en tête que des jeunes (qui disent avoir découvert le corps) ont bougé et 'taponné' le corps.»

Selon les Leblanc, l'endroit où leur Valérie a été trouvée brûlée n'est pas celui où le meurtre a eu lieu. Les résultats préliminaires de l'autopsie ont confirmé que le décès avait été provoqué par un traumatisme crânien. «Selon nous, elle a été surprise par-derrière. Si elle avait vu venir le coup, elle aurait couru... Puis elle courait vite, la petite! Je crois qu'elle était étourdie et qu'elle a tenté de se défendre... Ses poignets et ses pieds étaient cassés», raconte Mme Leblanc.

Par ailleurs, Huguette et Bert Leblanc entretiennent toujours des doutes sur la crédibilité des jeunes qui ont découvert le corps.

«Comme nt c'est possible de croire à un mannequin sur une scène de technique policière (une technique dispensée au Cégep) dans de pareilles circonstances? Il y aurait eu quelqu'un sur la scène... Puis des profs n'auraient jamais fait ça à cet endroit», analyse Mme Leblanc.

La police de Gatineau, qui a rencontré le groupe de jeunes mineurs dans les heures suivant le meurtre, a songé à les accuser d'outrage à un cadavre. Le Bureau du directeur des poursuites criminelles et pénales n'est pas allé de l'avant avec ces allégations, et les jeunes ont été blanchis de toute accusation.

Le 23 août 2011, Valérie Leblanc avait rendez-vous avec son ami de coeur, avec qui elle était en train de se séparer. La police de Gatineau maintient depuis le début de l'enquête que celui-ci n'est pas un suspect dans cette affaire. Les autorités ont diffusé un portrait-robot d'un «témoin important», un homme à la démarche louche portant une casquette noire et marchant avec un vélo noir. «Pour moi, ce gars-là n'existe pas, lance Mme Leblanc. Ou en tout cas, ce n'est pas lui.»

«On entend toutes sortes de choses, dit Mme Leblanc. Mais ces ouï-dire, ils doivent être rapportés à la police. On ne sait jamais. Puis, d'un autre côté, j'ai parfois l'impression que (les policiers prennent) ce qu'on a à leur dire comme de la 'bullshit'.»

Les Leblanc trouvent aujourd'hui une façon de sourire et de garder Valérie bien vivante. «Les partys pyjamas où on mangeait plein de cochonneries, ses confidences, le temps qu'elle passait avec nous... On va toujours s'en rappeler. Dans le temps, je lui payais la traite avec des croissants ou des sushis. Aujourd'hui, je passe devant cela à l'épicerie... Et je n'en achète plus», confie la grand-mère.

«Mon rêve, c'est de trouver qui a fait ça avant de mourir», conclut Bert Leblanc.

Ligne dédiée de la police de Gatineau au dossier Valérie Leblanc:

819-243-2346, poste 6677

Ldebacher@ledroit.com

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