La position de la fédération québécoise reste inchangée

Pas de hijab sur les terrains de soccer

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Au début du juillet, Rayane Benatti, 9 ans,... (Martin Roy, LeDroit)

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Au début du juillet, Rayane Benatti, 9 ans, se voyait refuser l'accès au terrain à cause de son hijab. Une situation qui ne changera pas pour le moment, tranche la Fédération de soccer du Québec.

Martin Roy, LeDroit

Guillaume St-Pierre

Guillaume St-Pierre
Le Droit

Les efforts de l'Association régionale de soccer de l'Outaouais (ARSO) afin de permettre à une jeune footballeuse de la région de jouer avec son hijab se sont butés à un refus catégorique de la Fédération de soccer du Québec (FSQ).

Au début du mois de juillet, Rayane Benatti, 9 ans, se voyait refuser l'accès au terrain lors d'une compétition organisée à Gatineau.

À la suite de la controverse, le directeur des compétitions à l'ARSO, Marc St-Amour, avait promis de faire tout en son possible pour permettre à la jeune fille de fouler à nouveau la pelouse sur le territoire de la Ville.

M. St-Amour s'est donc tourné vers une jeune entreprise montréalaise, IQÖ Design, qui a mis au point un voile sportif dont le prototype est actuellement entre les mains de la Fédération internationale de football association (FIFA). Seulement une autre entreprise, provenant d'Europe, est en compétition avec IQÖ Design, soutient sa fondatrice, Elham Seyed.

Rappelons que la FIFA, autorité suprême dans ce sport, a ouvert la porte au port du voile islamique sur les terrains de soccer, quelques jours à peine avant que la jeune footballeuse voilée se fasse mettre sur les lignes de côtés indéfiniment.

Dans sa décision du 5 juillet dernier, la FIFA soulignait que « le design, la couleur et le matériel autorisés seraient définis et confirmés à l'issue de la réunion annuelle de travail de l'IFAB à Glasgow en octobre 2012 ».

« La Fédération de soccer du Québec (FSQ) a donc convenu d'attendre les spécifications précises de la FIFA, avant de revoir sa position pour le Québec », peut-on lire dans un échange de courriel entre l'ARSO et la FSQ, dont LeDroit a obtenu copie.

Mais selon M. St-Amour, la FSQ manque une belle occasion de démontrer « une ouverture d'esprit », en plus de mettre de l'avant le produit novateur d'une jeune entreprise montréalaise.

« Moi, je pensais qu'on allait arriver au moins à mettre le produit à l'essai, soutient M. St-Amour, ajoutant qu'il a les mains liées. Mais la fédération s'est positionnée clairement. Il n'y a rien à faire. »

Pas une première

Ce n'est pas la première fois que l'Outaouais fait cavalier seul dans ce dossier. En 2007, la région, dont les intérêts étaient représentés par M. St-Amour, avait été la seule à ouvrir la porte au port du voile islamique sur le terrain de soccer.

Le directeur des compétitions ajoute toutefois que « 8 commentaires sur 10 » reçus dans sa boîte courriel depuis l'expulsion de la jeune Rayane appuient la position de la FSQ.

La propriétaire d'IQÖ Design, Elham Seyed, se dit déçue de la décision de la FSQ. « Je trouve que c'est un peu dommage », avance-t-elle simplement, ajoutant que son produit est notamment à l'essai au sein de l'équipe nationale de Jordanie. « Il y a un grand intérêt pour mon produit ailleurs dans le monde sportif, et même en dehors. »

La sécurité du voile confectionné par Mme Seyed a été renforcée grâce à un système d'aimants, afin d'éviter les étranglements.

Statu quo au Québec

Un porte-parole de la FSQ, Michel Dugas, affirme que son organisation attendra que la FIFA « mette ses culottes » avant de changer sa position, et qu'il n'est pas question de favoriser Mme Sayed ou « qui que ce soit » dans ce dossier.

« On va attendre la décision de la FIFA, dit-il. En attendant, c'est le statu quo au Québec. Notre rôle est de faire suivre la réglementation. On n'est pas là pour favoriser qui que ce soit dans le monde de la business du soccer. »

« La loi numéro quatre du jeu dit que les joueurs ont droit aux souliers, aux protège-tibias, aux bas, aux chandails et aux culottes. Ça arrête là. C'est tout. Il n'en est pas question, pas plus qu'un jeune québécois aille jouer avec une tuque. »

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