Pour y poser sa griffe, le respect des autres artistes de la rue est primordial. Pas question, ici, de « barbouiller » n'importe quoi, n'importe comment. On parle même de « vandalisme » sur des graffitis autrefois tous considérés comme des méfaits publics.
Parc Brewer, dans le sud d'Ottawa. Quelques mètres plus loin, sous le pont Dunbar, avenue Bronson, on prépare un événement qui prend de l'ampleur depuis sa création, en 2003.
Le House of Paint, qui se déroulera sur trois jours en septembre prochain, soulignera les talents de la danse, de la musique et de l'art visuel de la rue, dont les racines prennent naissance dans le mouvement hip hop.
À longueur d'année, mais surtout du 13 au 16 septembre prochain, le mur sous le pont Dunbar (ci-dessus) sert de décor et de toile de fond à l'événement.
Michael Gall, du House of Paint, peint des graffitis depuis 15 ans. Selon lui, Ottawa est en train de prendre sa place sur la scène nord-américaine.
« Ce n'est pas aussi fort qu'à Montréal ou Toronto, mais ça s'en vient très bien ! »
Ottawa demeure une ville où les touristes s'attardent davantage dans les musées que dans la faune urbaine, mais l'attitude des résidents change peu à peu.
« Les expositions de graffitis ne sont pas rares dans le monde. Peut-être qu'il y en aura un jour au Musée des beaux-arts du Canada... »
Que ce soit dans la capitale ou ailleurs au pays, le troisième art « et demie » demeure illégal et est passible d'amendes. Certaines villes, comme Ottawa et Gatineau, prennent toutefois des mesures pour enrayer le graffiti « vandale » tout en encourageant les artistes à se développer. Ottawa compte trois « sanctuaires » où cette forme d'art est permise. Gatineau n'en compte pas moins de 29.
« Lorsqu'on peut s'entendre avec la Ville, ça fonctionne, explique M. Gall. Le mur sous le pont Dunbar a été « légalisé » en 2005. Les oeuvres d'art sont plus complètes lorsqu'on sait qu'on ne se fait pas pourchasser par la police. »
Art plus populaire
« Mike » Gall ne peut s'empêcher de rire lorsque LeDroit lui demande si la population tolère davantage ces dessins sur la place publique.
« Je ne dirais pas (que les gens sont) 'tolérants', mais c'est une forme d'art qui devient de plus en plus populaire. Lorsque les gens comprennent qu'il peut aussi s'agir d'une arme pour combattre le vandalisme, les perceptions changent. »
Des propriétaires demandent en effet à des artistes de peindre un mur de leur édifice pour enjoliver l'endroit et décourager les vandales d'y peindre n'importe quoi. « Lorsqu'on voit un jeune peindre quelque chose de cheap sur une oeuvre d'un bon artiste sur les murs légaux, on essaie de l'approcher et de lui montrer comment ça marche... Là où des oeuvres sont bien faites, le vandalisme diminue. »
Plus de détails dans LeDroit du 19 juillet 2012 ou sur ledroitsurmonordi.ca