La mère d'une fillette qui s'est vue refuser l'accès au terrain lors d'une compétition de soccer à Gatineau, dans le secteur de Masson-Angers, parce qu'elle portait le voile, était sous le choc, dimanche.
Selon Fatimazohra Elmarhoim, la mère de Rayane Benatti, 9 ans, jamais on n'avait encore refusé à sa fille de fouler la pelouse en raison de son hijab.
La jeune fille avait pourtant participé à plusieurs matches depuis le mois de mai dans d'autres secteurs de la ville.
Mais lorsque Rayane a sauté sur le terrain pour le premier match d'un tournoi organisé par l'Association de soccer de Masson-Angers, vendredi soir, on lui a vite signifié qu'elle n'était pas la bienvenue.
Des parents se sont alors interposés, brandissant la décision rendue pas plus tard que jeudi dernier par la Fédération internationale de football association (FIFA) - l'autorité ultime dans ce sport - autorisant le port du voile par les footballeuses. On a alors permis à la jeune fille de jouer son match.
Or, le lendemain, après vérification auprès de l'Association régionale de soccer de l'Outaouais (ARSO), qui a analysé la décision de la FIFA, Rayane s'est une nouvelle fois vu refuser de sauter sur la pelouse.
Statu quo à la FIFA
« Pour l'instant, c'est le statu quo jusqu'au mois de septembre du côté de la FIFA, souligne le directeur des compétitions à l'ARSO, Marc St-Amour. Elle ne peut pas participer à aucune activité de soccer fédérée. Malheureusement, la pièce d'équipement qu'elle porte n'est pas reconnue. »
Les passe-droits dont a bénéficié la fillette depuis le mois de mai lui sont venus d'arbitres « jeunes » et « timides » qui n'osaient pas imposer le règlement à la lettre, dit-il.
« Ce sont des jeunes de 12 ou 14 ans qui arbitrent des joueuses de 8 et 10 ans », fait valoir M. St-Amour, ajoutant que certains officiels ne savent pas comment gérer la situation et connaissent mal le règlement.
La région pour le voile
Ironiquement, l'Outaouais est la seule région du Québec, sur 18, à avoir voté en faveur du port du voile par les footballeuses lors d'une consultation il y a trois ans.
M. St-Amour représentait alors les intérêts de la région auprès de la Fédération de soccer du Québec (FSQ).
Ce dernier s'est engagé hier auprès de la jeune Rayane et de sa mère qu'il ferait pression auprès de la FSQ pour que soit permis le plus tôt possible le port du voile sur les terrains de soccer, dans l'esprit de la décision de la FIFA.
Les arguments évoqués par l'ARSO pour justifier l'interdiction dont a été frappée la jeune Rayane, qui concernent essentiellement la sécurité, n'ont pas convaincu Mme Elmarhoim. « Ce n'est pas humain de faire ça à une jeune fille, peste-t-elle. Ce n'est pas juste. Elle n'est qu'une enfant. »
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