«Le problème est persistant chez nos membres. C'est l'omertà et il y a toujours des craintes», explique Marie-Claude Thibault, de l'Union des producteurs agricoles (UPA) Outaouais-Laurentides.
Le phénomène n'est pas nouveau, quoique moins présent ici qu'en Mauricie, selon l'UPA. «En Outaouais, les grandes cultures comme le maïs sont moins présentes. C'est dans ce genre de plantations que les cultivateurs de cannabis vont s'immiscer, parce que ces cultures protègent les plants de cannabis. Vers l'est, dans les Basses-Laurentides, dans le secteur de Mirabel, on en connaît davantage qu'en Outaouais.»
Les agriculteurs sont régulièrement contraints au silence quand ils s'aperçoivent que des planteurs illégaux ont profité de leur terrain. «Les agriculteurs reçoivent des messages dans leur boîte aux lettres et disant: 'Ramasse pas ton maïs tout de suite'.»
Il arrive aussi que le cultivateur, ne sachant pas que des plants de cannabis ont pris racine sur sa propriété, enfile les récoltes en même temps que la plante illégale. «À ce moment, le cannabis se retrouve à faible dose dans la récolte de maïs destiné aux animaux. La quantité est trop faible pour nuire à la santé», explique Mme Thibault.
Les propriétaires terriens touchés doivent se regrouper et contacter les policiers, insiste l'UPA. «C'est comme une épidémie qui prend de l'ampleur, s'il n'y a pas de coercition.»
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