Dans les quatre premiers mois de 2012, la police de la Municipalité régionale de comté (MRC) des Collines-de-l'Outaouais a découvert sept serres de cannabis sur son territoire. On dépasse déjà le total de toute l'année 2011, lui-même deux fois grand plus que les années précédentes.
« Certains mariculteurs entament leur culture à l'intérieur, pour ensuite transférer le tout à l'extérieur, et ramener la culture à l'intérieur au moment de faire sécher les plants et d'ensacher la récolte », explique le porte-parole de la police de la MRC des Collines-de-l'Outaouais, Martin Fournel.
Que ce soit dans la MRC des Collines ou dans les autres secteurs ruraux de l'Outaouais, qui sont eux couverts par la Sûreté du Québec (SQ), la majorité des producteurs achètent les résidences afin de les transformer en serre sans éveiller les soupçons.
« Ce sont des maisons ordinaires ou même des résidences de luxe, explique le porte-parole de la SQ, le sergent Ronald McInnis. Plus il y a de superficie, plus il y a de la place pour le faire. Ce qu'on remarque, c'est un va-et-vient dans ce type de maison. Les gens intègrent des maisons, tard la nuit, se stationnent tard le vendredi et ne sont pas revus avant le dimanche soir, à leur sortie. D'autres côtoient les voisins, promènent leur chien et jasent avec les gens. Les voisins, souvent, connaissent la situation et n'osent pas dénoncer ou ne savent pas comment. »
Crime organisé
La Gendarmerie royale du Canada indique sur son site Internet qu'en 2008, les groupes criminalisés vietnamiens dominaient toujours la production de marijuana à l'intérieur. « Des individus associés à des groupes du crime organisé est-européen et indo-canadien basés en Colombie-Britannique et en Ontario ont été impliqués dans la contrebande transfrontalière de marijuana au moyen de véhicules commerciaux », lit-on. Les gangs de rue et bandes de motards criminalisés ne sont jamais très loin de cette industrie.
La filière asiatique refait surface à l'occasion, en Outaouais, avec des « jardiniers » arrêtés dans la maison perquisitionnée, mais qui appartient, par exemple, à un résident de Vancouver. Ce propriétaire, lorsque rejoint, explique sa « surprise » devant une telle situation.
Les maisons unifamiliales font partie des endroits le plus souvent investis par les cultivateurs, précise le sergent McInnis.
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