Le harcèlement au travail qui tue à petit feu

Une fonctionnaire réclame justice

Zabia Chamberlain, une Gatinoise âgée de 45 ans,... (Étienne Ranger, LeDroit)

Agrandir

Zabia Chamberlain, une Gatinoise âgée de 45 ans, était autrefois à la tête d'une vingtaine d'employés au ministère fédéral des Ressources humaines et du Développement des compétences. En 2007, son directeur général a transformé son milieu de travail en une prison psychologique.

Étienne Ranger, LeDroit

Zabia Chamberlain parle de son ancien travail de haute fonctionnaire avec un mélange de haine et d'amour. Pendant 20 ans, les bons souvenirs et le bonheur au travail l'ont rendue heureuse. Mais tout a basculé en 2007. Depuis, c'est le cauchemar. Le ton de sa voix tremble lorsqu'elle raconte pourquoi elle se retrouve aujourd'hui devant trois différents tribunaux à expliquer que son ancien directeur général la harcelait à la rendre malade, et qu'elle en paie toujours le prix.

Mme Chamberlain, une Gatinoise âgée de 45 ans, était autrefois à la tête d'une vingtaine d'employés au ministère fédéral des Ressources humaines et du Développement des compétences. Une cadre respectée et dédiée à son travail.

« La moitié de ma vie », dit-elle.

En 2007, son directeur général a transformé son milieu de travail en une prison psychologique.

Le directeur en question, que Mme Chamberlain et ses conseillères juridiques ne veulent pas nommer, aurait harcelé la dame au travail, la touchant de façon inappropriée. Des attouchements sexuels répétitifs se sont produits, jure-t-elle.

Le directeur général se serait introduit dans sa vie personnelle, et professionnelle, allant jusqu'à se laisser choir sur elle et caressant ses épaules.

D'autres journées étaient marquées par des irruptions violentes du même homme dans le bureau de la plaignante. Claquages de porte, cris et insultes ont empêché la femme de dormir pendant plusieurs nuits marquées de cauchemars.

La femme, considérée comme une employée exemplaire, a multiplié les congés de maladie jusqu'à ce que l'employeur lui reproche ses absences répétées. Son « départ » est en fait une « démission forcée » selon elle. « J'ai été involontairement mise à pied. Pourquoi on ne veut pas me réintégrer ailleurs ? » demande-t-elle.

Après une enquête interne confirmant le conflit et les actions du directeur général, il a été proposé à Mme Chamberlain d'occuper un autre poste inférieur dans la fonction publique. Pendant ce temps, le directeur a reçu les services d'un coach pour lui rappeler certaines notions de savoir-vivre et l'aider à gérer son agressivité.

Mme Chamberlain a refusé l'emploi inférieur et est aujourd'hui sans emploi. Elle n'en revient toujours pas. « On aide qui dans tout ça ? Cet homme a même été promu à un autre poste. Moi je suis prise à la maison, malade. »

Mme Chamberlain, aidée de deux conseillères juridiques, donne sa version des faits devant la Commission des relations de travail depuis mercredi. Parallèlement, la Cour fédérale et la Cour d'appel fédérale entendent aussi sa cause.

Plus de détails dans l'édition du 3 février ou sur ledroitsurmonordi.ca

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer