Les mots de la juge Nicole Gibeault, dirigés à l'endroit d'un jeune criminel au passé difficile, étaient clairs. À 21 ans, c'est le temps ou jamais de sortir de cette vie, et c'est pour cette raison que le tribunal a envoyé Jonathan Woodward au pénitencier.
Le prévenu est celui qui a donné une raclée à un client à la sortie du bar le Saint-Ex, le 6 novembre dernier. Il était trois heures du matin lorsque l'accusé a invectivé le client, qu'il ne connaissait pas. Ce dernier lui a demandé ce qu'il lui voulait, et c'est à ce moment que M. Woodward est sorti de la voiture pour battre la victime.
Cette attaque gratuite a fait réagir la juge Gibeault, hier, au moment où elle a accepté la proposition commune de la défense et de la Couronne d'envoyer le jeune homme au pénitencier pour les 28 prochains mois, en prenant en compte les deux mois de détention préventive.
Passé difficile
Le procureur de l'accusé, Jacques Belley, a rappelé le passé très difficile de son client. « Je le trouve très jeune pour aller au pénitencier. Il n'a pas eu toutes les chances dans sa vie. On a essayé de s'occuper de lui, mais il a été tellement institutionnalisé... »
Ses nombreux crimes commis au fil des ans peuvent relever de la frustration d'une enfance difficile, propose la défense.
« Je suis absolument certaine que vous avez un passé épouvantable, a dit la juge, en se tournant vers l'accusé. C'est clair physiquement, ça se voit. Vous avez un mal épouvantable, mais maintenant, il faut arrêter, là. C'est assez », insiste-t-elle.
L'avocat de la défense s'est montré d'accord pour le séjour en établissement fédéral, où l'aide psychologique et les ressources de réinsertion sociale sont plus nombreuses que dans un centre de détention provincial, comme celui de Gatineau.
La Couronne a dressé la très longue liste d'antécédents judiciaires du prévenu, surprenante pour un accusé de cet âge.
La famille de l'accusé a été présente en cour, tout au long du processus judiciaire, ce que la juge a souligné. « Il faut se dire 'ok, ma famille est là', mais en même temps, il faut que celle-ci arrête de dire : 'il fait pitié'. Si vous mangez seulement que du passé, c'est pourri. Impossible de s'en sortir », a lancé la magistrate.
La prise de ses empreintes digitales, lors des événements de novembre, a permis aux policiers de le relier avec un vol avec introduction par effraction, survenu le 10 octobre. Ses empreintes étaient les mêmes que celles retrouvées sur une fenêtre de la maison cambriolée.