Ce jour-là, Valeanu, se trouvait au lac des Loups avec trois amis, tous d'origine roumaine, pour aider l'un d'eux dans la construction de sa maison.
Valeanu avait apporté sa carabine de chasse 30-06 à la résidence de son ami, afin d'y ajuster la lunette d'approche en tirant sur des canettes, à l'extérieur. C'est lorsqu'il est entré dans la maison, avec sa carabine, qu'un coup de feu a retenti dans la demeure, atteignant M. Petruta au thorax.
« Tu m'as tiré dessus », a alors dit la victime à Valeanu, tel que rapporté mardi, lors de l'enquête préliminaire au palais de justice de Gatineau. « Non », aurait rétorqué, incrédule, Valeanu qui a ensuite laissé tomber son arme, voyant le sang couler, pour se précipiter vers son ami, originaire du même village, en Roumaine.
Pendant qu'un ami du groupe s'adressait au 911, Julian Petruta a dit à Daniel Valeanu, qui le tenait par la main : « Je pense que je suis en train de mourir ». La victime a été transportée à l'hôpital, où son décès a été constaté.
Homicide
Le juge Réal Lapointe a accepté la demande de la procureure de la Couronne, Me Christine Lambert, d'ajouter une accusation d'homicide involontaire au premier chef de négligence criminelle causant la mort.
La Couronne croit à l'homicide involontaire, car la mort de l'homme est liée à un acte illégal, soit celui d'être entré dans une maison avec une arme chargée. Le seul fait de se trouver dans une résidence avec une arme chargée est en soi un acte interdit par la Loi sur les armes à feu.
L'avocat de Daniel Valeanu, Me Steve Houle, maintient que son client n'a jamais posé le geste délibéré de tirer sur son ami, avec qui il ne vivait aucun conflit. « Il n'y a pas eu d'intention, ni de préméditation de la part de mon client », a fait valoir Me Houle, qui s'est opposé à l'accusation d'homicide involontaire.
Le procès devant juge et jury prendra son envol à la Cour supérieure, le 13 octobre prochain. Outre les chefs d'homicide involontaire et de négligence criminelle causant la mort, Valeanu est accusé d'usage négligeant et d'utilisation de sa carabine en contravention avec la Loi sur les armes à feu.
Témoins
Trois témoins sont passés à la barre, mardi, dont les deux amis qui se trouvaient avec la victime et l'accusé, avant le coup de feu dans la maison, et le policier Luc Bastien, qui agissait, à l'époque, en tant que technicien en identité judiciaire pour la police de la Municipalité régionale de comté des Collines.
Le premier témoin, Constantin Petrica, regardait la télévision lorsqu'il a entendu la détonation, le 28 octobre 2007. Selon lui, Valeanu possédait son arme depuis environ un an. M. Petrica a rajouté que l'accusé avait demandé, une semaine avant les événements, s'il pouvait apporter sa carabine à la maison de son ami, Viorel Triff, ce que ce dernier avait accepté.
Selon les témoignages, Valeanu portait l'arme à la main droite, au niveau de la hanche, lors de la détonation fatale. Le policier Bastien a rapporté en cour que le premier agent arrivé sur les lieux avait éprouvé des difficultés à sécuriser la carabine. Le policier Bastien a dit croire à une mauvaise manipulation de l'arme, « ou à quelque chose qui aurait dû être fait et qui ne l'a pas été ».