Un cri d'alarme pour le milieu des arts franco-ontarien

Le président de L'AEFO Carol Jolin, présente le... (Simon Séguin-Bertrand, Le Droit)

Agrandir

Le président de L'AEFO Carol Jolin, présente le livre blanc sur la culture et les arts francophones en Ontario.

Simon Séguin-Bertrand, Le Droit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Paul Gaboury
Le Droit

Le milieu des arts et de la culture francophones en Ontario vit des moments très difficiles. À moins de mesures immédiates, il se retrouvera vite à bout de souffle, selon l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO).

« Le milieu artistique et culturel franco-ontarien est essoufflé. Les centres culturels ferment leurs portes et un grand nombre d'artistes gagne moins de 10 000 $ par an. Il faut agir vite, car si rien n'est fait, le milieu se retrouvera rapidement sur le respirateur artificiel », a déclaré Carol Jolin, président de l'AFO, lors du lancement d'un livre blanc sur les arts et la culture francophones en Ontario, jeudi, à la Nouvelle Scène à Ottawa.

Cet état des lieux du milieu révèle que les octrois accordés aux francophones par le Conseil des arts de l'Ontario ont chuté de 22,8 % depuis 2009-2010 (de 3,4 millions $ en 2009-2010 à 2,6 M$ en 2015-2016), « une tendance lourde et inquiétante pour la stabilité du secteur à long terme », avance le livre blanc.

Aucune agence ni département provinciaux n'est mandaté pour assurer un financement de base aux centres culturels, un manque de soutien qui a forcé plusieurs fermetures notamment à Ottawa, Clarence-Rockland, Chatham, Sainte-Catherines, et ailleurs en province.

Malgré une entente de réciprocité avec le Québec, le rapport constate que les artistes du Québec « sont mieux connus et circulent plus facilement sur les routes de l'Ontario que les artistes franco-ontariens qui y résident », un phénomène qui s'explique par le financement public québécois qui appuie mieux les artistes québécois au-delà de ses frontières.

« Conditions invraisemblables »

« C'est sidérant à quel point la situation a dégringolé depuis 10 ans. Avec un salaire de crève-faim de 7 000 ou 8000 $, après deux ou trois ans, plusieurs jeunes artistes abandonnent. Les conditions sont invraisemblables, et ils doivent eux aussi payer leur hypothèque », a indiqué au Droit Éric Dubeau, auteur de l'étude réalisée avec la collaboration de l'Alliance culturelle de l'Ontario, auprès de 150 personnes du milieu rencontrées à l'automne 2016. 

« À moins d'intervention immédiate, les occasions de se rassembler autour des arts et de la culture francophones en Ontario existeront uniquement dans les grands centres, comme Toronto, Ottawa et Sudbury. Il est urgent que la province intervienne pour mettre fin à la dégringolade », souligne le président de l'AFO, Carol Jolin. Il espère que les francophones de l'Ontario vont maintenant s'approprier le document afin de faire pression sur les élus au cours de l'été, alors que des élections approchent. 

Deuxième d'une série de trois livres blancs de l'AFO réalisés avec un octroi de Patrimoine canadien, le document fait 40 recommandations dont plusieurs sont jugées « prioritaires ». Elles visent cinq objectifs : un meilleur soutien aux artistes et organismes, investir dans le réseau des lieux culturels, un rayonnement accru des artistes et produits culturels francophones, un meilleur partenariat avec le milieu de l'éducation et pallier à l'insuffisance de données sur le milieu.

Un premier livre blanc portant sur l'immigration a été dévoilé en mars. Un autre, cette fois sur les médias, sera présenté en septembre prochain.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer