Langues officielles: les plaintes en forte hausse

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La controverse entourant la nomination de Madeleine Meilleur au Commissariat aux langues officielles a éclipsé la hausse du nombre de plaintes, cette année, auprès de l'organisme.

Etienne Ranger, Archives Le Droit

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Paul Gaboury
Le Droit

La controverse entourant le choix de Madeleine Meilleur a presque éclipsé les quelque 1028 plaintes recevables qui ont été déposées au Commissariat aux langues officielles en 2016-2017, en hausse de 40 % en un an et de plus de 85 % depuis deux ans.

La moitié de ces plaintes viennent de la région de la capitale nationale avec 429 du côté ontarien, et 92 du côté québécois. 

Ces plaintes étaient liées principalement à la livraison de services publics et aux exigences linguistiques requises pour occuper un poste dans la fonction publique fédérale.

Par comparaison, le nombre total de plaintes recevables avait été de 725 en 2015-2016, de 550 en 2014-2015, de 476 en 2013-2014, de 415 en 2012-2013, de 518 en 2011-2012, de 981 en 2010-2011, et de 1477 en 2009-2010.

« Nous n'avions pas eu un tel volume de plaintes depuis l'année 2009-2010, année où nous avions reçu 876 plaintes contre CBC-Radio-Canada dans le dossier de la station de radio de Windsor, en Ontario. Comme c'est généralement le cas, la majorité, soit 565, touchent les communications avec le public. Un total de 183 plaintes concernaient la partie V de la Loi qui porte sur la langue au travail, enjeu qui reste toujours une préoccupation », a expliqué la commissaire par intérim Ghislaine Saikaley, lors de sa comparution devant le comité des langues officielles, mardi.

Le député néo-démocrate François Choquette a retenu que seulement deux des neuf recommandations faites par le commissaire ont été suivies par Parcs Canada, qui accueillera gratuitement cet été dans les parcs nationaux les Canadiens dans le cadre du 150e anniversaire de la Confédération. « C'est inacceptable. Je ne sais vraiment pas comment vous faites », a lancé le député Choquette à la commissaire par intérim.

Discrètement

Le dépôt du rapport 2016-2017 n'a pas fait l'objet d'un breffage technique ni d'une conférence de presse, en raison de l'incertitude qui planait autour de la nomination de Madeleine Meilleur, la semaine dernière. 

Le rapport a simplement été mis en ligne. 

« C'était difficile de déposer un rapport avec une nouvelle commissaire. On a jugé qu'il était mieux de déposer le rapport discrètement », a expliqué Mme Saikaley, officiellement en poste jusqu'au 17 juin.

Depuis le désistement de Madeleine Meilleur qui lorgnait le poste de commissaire aux langues officielles, Mme Saikaley a indiqué ne pas avoir eu de confirmation pour un prolongement de mandat, mais qu'elle est ouverte à poursuivre son travail.

« C'est un poste trop important pour le laisser vacant. Je suis prête à poursuivre si on me le demande », a-t-elle mentionné à sa sortie du comité des langues officielles.

«La politicaillerie, je ne suis plus capable»

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L'affaire Madeleine Meilleur est venue hanter les travaux du comité des langues officielles.

Archives, La Presse canadienne

Par ailleurs, l'affaire Madeleine Meilleur est venue hanter les travaux du comité des langues officielles où l'harmonie « non partisane » entre les députés fédéraux a encore une fois été mise à rude épreuve.

Les élus n'ont pu s'entendre sur une motion du député néo-démocrate, François Choquette, pour appuyer les communautés linguistiques en situation minoritaire qui souhaitent rencontrer le premier ministre Justin Trudeau afin de discuter du processus pour nommer le prochain commissaire aux langues officielles.

Les libéraux ont expliqué qu'ils n'avaient pas à se prononcer sur une telle motion, invitant les communautés à demander directement une rencontre avec le premier ministre. La riposte des députés de l'opposition a été cinglante. 

« C'est vraiment désolant de vous entendre. Les communautés ont besoin de notre aide, et nous devons les appuyer avec cette motion. Depuis l'affaire Meilleur, ma confiance est brisée par rapport au comité. La politicaillerie, je ne suis plus capable », a lancé la députée conservatrice Sylvie Boucher, la plus critique à l'endroit des libéraux. 

Devant l'impasse, le comité a décidé de reprendre la discussion sur cette motion la semaine prochaine.




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