L'idée folle devenue réalité

Gisèle Lalonde se rappelle d'une image de 22 mars 1997... (Courtoisie, Hôpital Montfort)

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Gisèle Lalonde se rappelle d'une image de 22 mars 1997 montrant le Centre municipal « plein, plein, plein ». « Et moi, j'étais en avant, en arrière d'un petit micro. Je me voyais bien petite, mais rendue là, j'étais aussi importante que tout le monde. »

Courtoisie, Hôpital Montfort

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Quand elle a lancé l'idée, personne n'y croyait vraiment. Sauf elle.

Gisèle Lalonde revenait de Floride, en février 1997, lorsqu'elle a pris connaissance des intentions de la Commission de restructuration des soins de santé de l'Ontario, mise sur pied par le gouvernement progressiste-conservateur de Mike Harris.

« J'ai entendu à la télévision ''Montfort Hospital will be closed'', raconte-t-elle, 20 ans plus tard. Je suis allée à un poste en français et je me suis aperçue que c'était vraiment notre Hôpital Montfort qui était menacé. »

Peu de temps après, Mme Lalonde reçoit un appel de l'Association canadienne-française de l'Ontario l'informant de la tenue d'une réunion, le lendemain, pour divers membres de la communauté préoccupés par la situation. C'est à cette réunion où « tout le monde paniquait » que sans trop le savoir, Gisèle Lalonde s'est embarquée dans une longue aventure, celle du mouvement SOS Montfort.

« Pas un mot ne se disait au début de la réunion, se souvient-elle. J'ai dit ''franchement, je trouve que la première chose à faire, ça va être de se réunir, de réunir la communauté'. Et j'ai dit que la communauté, ce n'est pas 300 ou 400 personnes, mais bien des milliers de personnes. Ils m'ont tous regardée en voulant dire 't'es folle'. »

Défi réussi en 10 minutes

C'est pourtant cette « folie » de l'ancienne mairesse de Vanier qui aura permis de réunir 10 000 personnes au Centre municipal d'Ottawa, le 22 mars 1997, dans le cadre du Grand Ralliement SOS Montfort. Tout le monde a fini par suivre Gisèle Lalonde dans son projet, que ce soit pour trouver un lieu, pour la logistique ou pour mobiliser la population. Mme Lalonde a été approchée pour prendre la tête du mouvement SOS Montfort. Elle a accepté. « Je leur ai dit que j'acceptais, mais que ce sera à ma manière », souligne-t-elle.

« Ça s'est presque tout organisé en dix minutes, lance Mme Lalonde. Réussir à réunir 10 000 personnes, on n'avait jamais vu ça dans la communauté francophone. Pour moi, ça signifiait que l'hôpital valait beaucoup aux yeux de chacun. »

C'est lors d'une autre réunion que le fameux slogan « Montfort, fermé, jamais ! » a été trouvé. « Personne ne sait qui l'a sorti. Il y en a qui m'ont dit que c'était moi, mais je pense que non. » Chose certaine, c'est Gisèle Lalonde qui l'a popularisé.

Éloges 

Celui qui dirigeait l'Hôpital Montfort à l'époque, Gérald Savoie, ne tarit d'ailleurs pas d'éloges à l'endroit de Gisèle Lalonde.

« On ne pourra jamais la remercier assez pour tout ce qu'elle a fait pour l'Hôpital Montfort, dit-il. Michel (Gratton) écrivait ses discours et lui remettait à peine cinq minutes avant les conférences de presse, et elle devait tout comprendre. Elle devait être prête à toutes les questions imaginables des journalistes. Elle a travaillé de 12 à 16 heures par jour pendant toutes ces années. C'est incroyable ce qu'elle et Michel ont accompli ensemble. [...] C'est une femme honnête, intègre, et sa cause était juste. »

Tout au long de la campagne SOS Montfort, Gisèle Lalonde n'a jamais douté de la mobilisation de la population. Un premier rassemblement organisé à Embrun ayant réuni 700 personnes avait d'ailleurs donné le ton pour que la confiance s'installe en vue de Grand Ralliement du 22 mars, se souvient Mme Lalonde, qui multipliait les entrevues sur toutes les tribunes, tant localement qu'à l'échelle nationale.

Gisèle Lalonde se rappelle d'une image de 22 mars 1997 montrant le Centre municipal « plein, plein, plein ». « Et moi, j'étais en avant, en arrière d'un petit micro. Je me voyais bien petite, mais rendue là, j'étais aussi importante que tout le monde. »

Elle a quitté le site remplie d'espoir. « Après ça, c'était comme si ce n'était pas fini, mais que ça commençait. On venait d'avoir la preuve que ça marchait, que les gens m'appuyaient. » Et l'histoire leur aura donné raison.




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