Le français en recul dans les régions

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Carol Jolin est président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario.

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Si les projections sont bonnes, la place qu'occupe le français dans les régions francophones de l'Ontario diminuera d'ici 2036.

Selon les données publiées mercredi par Statistique Canada, la population de langue maternelle francophone dans ces régions de l'Ontario - excluant Ottawa - passerait de 171 000 en 2011 à 134 000 en 2036. 

Une situation préoccupante selon Carol Jolin, président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO) qui avoue ne pas être surpris par les données de l'étude.

« C'est une sonnette d'alarme qui sonne assez fort pour que les gouvernements investissent dans plusieurs domaines, soutient M. Jolin. Au niveau de l'éducation à la petite enfance, il faut aller chercher les jeunes rapidement et ensuite jusqu'à l'université. C'est d'autant plus important de se doter d'une université de langue française. »

Plusieurs facteurs, dont l'immigration pourrait expliquer ce recul du français. « Beaucoup d'immigrants ne connaissent ni l'anglais ni le français à leur arrivée. On observe que ceux qui s'établissent hors Québec vont plutôt choisir l'anglais », note René Houle, analyste principal pour Statistique Canada.

Face à cette réalité, la publication prochaine du Livre blanc sur l'immigration de l'AFO prend encore plus d'importance selon le président Carol Jolin.

« Je ne sais pas si on va pouvoir renverser la tendance à l'échelle du pays. Dans plusieurs provinces on n'atteint pas la cible de 5 % d'immigration francophone. Du côté de l'Ontario, je pense que c'est un objectif faisable, mais il faut mettre les énergies pour y parvenir et s'impliquer rapidement. Chaque année on perd de notre poids démographique », observe M. Jolin.

Le cas Ottawa-Gatineau

La tendance sera similaire du côté d'Ottawa-Gatineau où on s'attend à une baisse, faisant passer de 16 % à 13 % la population ayant le français comme langue maternelle. M. Houle note que l'anglais sera en hausse du côté de Gatineau d'ici 2036. « La population de langue française à Gatineau connaîtra une décroissance relative à son poids. Ce qui est intéressant c'est la hausse de la population anglophone qui est probablement attribuable aux gens qui déménagement parce que les loyers sont moins chers du côté de Gatineau que d'Ottawa », observe l'analyste.

Selon les données publiées dans le document « Projections linguistiques pour le Canada, 2011 à 2036 », le poids démographique de la population de langue maternelle française au Québec devrait chuter de 79 % en 2011 à une proportion oscillant entre 69 et 72 % en 2036.

La précarité de la langue française à l'extérieur du Québec est tout aussi inquiétante, alors que la proportion de francophones hors Québec devrait fondre de 3,8 % en 2011 pour s'établir à environ 2,7 % en 2036.

Les auteurs de l'étude font toutefois valoir que la population dont la langue d'usage est le français - c'est-à-dire la langue qui est parlée à la maison, même si ce n'est pas la langue maternelle - connaîtra une hausse. Elle devrait passer de 5,5 millions en 2011 à 7 ou même 7,3 millions de personnes en 2036. Ce gain représentera tout de même une diminution relative de la proportion de Québécois parlant le français à la maison, la faisant passer de 81,6 % en 2011 à une part se situant entre 74 et 76 % de la population québécoise en 2036.

L'anglais devrait mieux tirer son épingle du jeu que le français, quant à la langue officielle qui est le plus parlée. Si l'on se fie à cet indicateur, le poids de l'anglais dans la population canadienne devrait bondir de 75,4 % en 2011 à 77,8 % en 2036. Avec La Presse canadienne

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