Fiers de se faire entendre

Vêtus de vert et de blanc, de nombreux... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Vêtus de vert et de blanc, de nombreux élèves d'écoles francophones d'Ottawa ont participé vendredi à la levée du drapeau franco-ontarien à l'hôtel de ville de la capitale fédérale. Un pique-nique et un concert mettant en vedette des artistes franco-ontariens ont suivi la cérémonie à laquelle a participé le maire d'Ottawa, Jim Watson.

Patrick Woodbury, LeDroit

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La volonté des jeunes Franco-Ontariens de se faire entendre et d'être porteurs des changements se fait sentir de façon marquée - un phénomène prometteur, se réjouissent des acteurs du milieu.

« Le phénomène intéressant qu'on voit aujourd'hui chez les jeunes c'est leur intégration dans les groupes. Les jeunes étaient vus comme des contestataires et là, ce qu'on voit, ce sont, par exemple, des jeunes qui ont décidé de se joindre à des associations pour amener leurs idées et faire avancer la francophonie. [...] Au lieu de se mettre en marge, ils se mettent en plein dedans », observe Linda Cardinal, titulaire de la Chaire de recherche sur la francophonie et les politiques publiques de l'Université d'Ottawa.

Cet engagement reflète une volonté d'intégration afin de défendre les droits des Franco-Ontariens, que ce soit en militant pour la création d'une université de langue française en Ontario, en s'impliquant derrière les États généraux de la francophonie ou encore en prenant les rênes de l'Association des communautés francophones d'Ottawa (ACFO) à l'aube de la trentaine.

Reste à voir s'ils réussiront à se faire entendre, nuance Mme Cardinal.

« Ce sont des enfants de la Charte. On leur a promis qu'ils pouvaient avoir une éducation en français et on leur a dit que le français et l'anglais étaient à égalité, explique-t-elle. Eux, ils attendent de pouvoir vivre en français. »

Bien que les francophones aient obtenu au fil des ans l'accès à des collèges dans leur langue, une plus grande offre de programmes universitaires, leurs propres conseils scolaires et un commissaire aux services en français pour veiller sur eux, le travail n'est pas terminé. « La communauté francophone de l'Ontario a besoin que la population se prenne toujours en charge, qu'elle soit consciente des services auxquels elle a droit, souligne Mme Cardinal. [...] Il y aura toujours du pain sur la planche. »

« Plus accessible »

Le nombre d'Ontariens considérant le français comme étant leur langue maternelle a légèrement augmenté dans les recensements de Statistique Canada, passant de 532 865 en 2006 à 561 155 cinq ans plus tard. Les données du recensement de 2016 doivent être dévoilées au printemps prochain.

« L'accessibilité a augmenté et je pense que c'est de plus en plus démontré sur le plan du marché du travail et à l'international que parler en français, c'est important, et c'est valorisé partout à travers le monde », note Édith Dumont, directrice de l'éducation au Conseil des écoles publiques de l'est de l'Ontario (CEPEO).

Cet accès à une vie en français se fait dès un jeune âge au sein des conseils scolaires. Mme Dumont est à même de constater la fierté qu'ont les jeunes pour leur héritage. Ils sont nombreux à s'habiller en vert et blanc lors du Jour des Franco-Ontariens, par exemple.

« Nos écoles cherchent à créer une vie autour de la vie scolaire pour montrer que vivre en français c'est possible et plaisant. On a réussi à bâtir la fierté francophone et à l'élargir grâce aux arts, à l'animation culturelle et aux compétitions sportives », explique Mme Dumont.

La valeur de l'éducation en français

En éducation, la langue française est de plus en plus valorisée. Le nombre d'élèves inscrits dans un conseil scolaire francophone sur le territoire d'Ottawa est en constante progression, depuis les cinq dernières années. 

La qualité de l'éducation, le taux de diplomation élevé, l'accessibilité plus grande aux établissements francophones et l'intérêt marqué des parents de s'assurer que leurs enfants soient parfaitement bilingues sont quelques exemples qui justifient cette hausse de clientèle.

L'accès à une éducation en français dès un jeune âge contribue à développer l'identité franco-ontarienne.

« De plus en plus de parents s'intéressent à la culture franco-ontarienne, des francophiles aussi et ils veulent le transmettre à leurs enfants, note Réjean Sirois, directeur de l'éducation au Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE). [...] Il y a beaucoup d'activités pédagogiques qui incluent des éléments de la culture et de la langue. Les jeunes s'affichent en français et ils parlent en français. »

Le CECCE prévoit d'ailleurs une hausse de ses effectifs scolaire de 3,24 % cette année. Une situation croissante au fil des ans. Le nombre d'élèves inscrits dans les écoles du conseil est passé de 19 290 en 2010 à 22 651 en 2016.

Même son de cloche du côté du Conseil des écoles publiques de l'est de l'Ontario (CEPEO) qui envisage une hausse de 4,3 % cet automne. « L'augmentation de l'accessibilité à une éducation en langue française fait en sorte que les parents reviennent vers un système qu'ils auraient choisi, mais dont la proximité n'était pas possible avant », illustre Édith Dumont, directrice de l'éducation au CEPEO.

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