Mariette Carrier-Fraser recevra l'Ordre du Canada

Mariette Carrier-Fraser... (Simon Séguin-Bertrand, archives LeDroit)

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Mariette Carrier-Fraser

Simon Séguin-Bertrand, archives LeDroit

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Une ardente défenseuse des droits linguistiques des francophones en Ontario sera honorée en grand. La personnalité de l'année Radio-Canada/LeDroit 2015, Mariette Carrier-Fraser, recevra l'une des distinctions honorifiques les plus prestigieuses du pays, l'Ordre du Canada.

Le Règlement XVII, Mariette Carrier-Fraser y a goûté. La Franco-Ontarienne a grandi à Jogues, un « petit, petit » village à une vingtaine de kilomètres de Hearst, habité en large majorité par d'irréductibles francophones. L'usage de la langue de Molière y est si répandu qu'il n'y est même pas nécessaire de connaître l'anglais - à un tel point que ses propres parents, des Québécois d'origine, n'en ont jamais prononcé un mot même s'ils ont vécu presque toute leur vie en Ontario, se rappelle Mme Carrier-Fraser en riant.

Lorsqu'elle quitte un couvent privé pour entrer à l'école secondaire publique, la jeune Mariette a la surprise de voir imposer une éducation dans une langue qu'elle ne comprend pas. « La majorité des étudiants parlaient français et presque toutes les matières étaient enseignées en anglais par des professeurs francophones. Je me demandais, pourquoi on fait ça en anglais ? Tout le monde ici est francophone ! »

Implication

Le besoin de défendre sa langue s'est fait sentir plus tard, quand son mari et elle ont déménagé à Paris, dans le sud de la province. Mais la nouvelle terre d'accueil de Mme Carrier-Fraser n'abritait aucune école où elle pouvait exercer son métier d'enseignante dans sa langue maternelle. Préférant l'anglais au chômage, elle abdique. « Après quelques années, je me suis rendue compte que je cherchais mes propres mots en français, raconte-t-elle. Je trouvais que c'était inacceptable, alors j'ai commencé à m'impliquer dans toutes les communautés où j'ai vécu. »

Au fil du temps, l'enseignante a gravi les échelons du système d'éducation de l'Ontario avant d'être nommée sous-ministre adjointe responsable de l'éducation en langue française, en 1983. En 14 ans dans la fonction publique, l'éducation en français s'est développée de façon exponentielle. Sous sa gouverne, son équipe est passée de deux personnes à 13 directeurs qui se rapportaient directement à elle et pour lesquels travaillaient nombre d'employés. Mme Carrier-Fraser a notamment joué des rôles clés dans la création de 12 conseils scolaires francophones, du Collège Boréal et du Collège des Grands Lacs - « qui, malheureusement, n'a pas survécu ». 

Aujourd'hui à la retraite, elle continue de lutter pour les droits linguistiques, cette fois dans le domaine de la santé. Son emploi du temps est consacré au mouvement Santé en français, au Comité consultatif des services de santé en français et au conseil d'administration de l'Hôpital Montfort. « Ce que j'ai fait, ce n'était pas du tout pour les honneurs, dit-elle humblement. J'ai reçu beaucoup dans ma carrière et dans ma vie, alors si je peux contribuer à améliorer le sort des autres, c'est au niveau de la francophonie que je veux le faire. »

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